‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 28 sur 149 · Affaires étrangères. — Angleterre · texte numérisé non relu

Affaires étrangères. — Angleterre

71S 28 mai 1822.

i'"« Division Londres, le 28 mai 1822.

Politique X«26

Monsieur le Vicomte,

M. le Comte de Marcellus, membre de la Chambre des Députés, qui est parti ce matin pour Paris, vous remettra une lettre dont il a bien voulu se charger et qui accuse réception des lettres particulières que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire par le dernier courrier arrivé dimanche, 26 du courant. J'ai réservé ma dépêche pour le courrier qui part ce soir, dans l'espoir que j'aurais peut-être quelque chose d'intéressant à vous mander ; mais nous sommes dans un moment de vacance pour le Parlement, et de stérilité pour les affaires et les nouvelles.

Les ambassadeurs de Russie et d'Autriche, que j'ai vus hier, ne savent, touchant les événements d'Orient, que ce que vous m'avez annoncé ; savoir que le Divan paraît un peu plus disposé à traiter. Dieu veuille que sa détermination, si elle est sincère, n'ait pas été prise trop tard, et qu'on n'ait pas déclaré la guerre à Pétersbourg, tandis qu'on décidait la paix à Constantinople.

Le Pérou vient d'adopter une constitution monarchique. La politique européenne devrait mettre tous ses soins à obtenir un pareil résultat pour les autres colonies qui se déclareront indépendantes. Les Etats-Unis craignent singulièrement l'établissement d'un Empire au Mexique. Si le Nouveau Monde tout entier est jamais républicain, les monarchies de l'ancien monde périront. ^

S. A. R. M^" le Duc d'York m'a fait l'honneur de dîner chez

1. Le comte d'Antioche [Chateaubriand ambassadeur à Londres, p. 274-5) a publié une partie des paragraphes précédents.

Correspondance de Chateaubriand. T. III. 7

moi dimanche dernier ; il m'a montré la même bienveillance que le Roi son Auguste frère m'avait témoignée à Carlton-House. J'ai l'honneur d'être avec une haute considération, Monsieur le Vicomte,

Votre très humble et très obéissant serviteur Chateaubriand. ^

A S. Ex. Monsieur le vicomte de Montmorency. -

714 28 mai 1822.

A la duchesse de Duras.

Mardi 28 mai 1822.

Le courrier de dimanche, c'est à dire le dernier courrier, ne m'a rien apporté devons ; mais vous avez cru devoir écrire à de Marcellus, pour lui recommander l'économie et toutes sortes de belles choses, mais vous lui dites aussi que je n'écris point ou du moins que j'écris des lettres courtes, vraiment ce mensonge éternel me révolte. Je n'ai de ma vie écrit d'aussi longues et d'aussi fréquentes lettres qu'à vous. Je n'ai pas manqué encore un seul courrier depuis que je suis ici et n'est ce pas une grande pitié que d'employer la moitié de mes lettres à des justifications d'écolier, quand j'aurais tant de choses à vous dire qui en vaudraient mieux la peine?

Je ne sais plus ce que j^ai à faire dans ce pays, toutes mes conquêtes sont faites. J'ai donné avant hier mon grand dîner (il était superbe) au duc d'Yorck. Reste le Roi, mais il y a toujours du doute parce qu'il n'est pas encore sorti de chez lui comme Roi et que la nécessité de visiter tout le corps diplomatique, s'il vient chez moi, est dure, et peut l'arrêter. Je me suis plus éta-

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