‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 34 sur 149 · Souvenirs . . . Récamier, t. I, p · texte numérisé non relu

Souvenirs . . . Récamier, t. I, p

chez le Roi. Vous voyez que ma faveur augmente. Tout ce que vous dites sur l'abbé Fray[ssinousj est parfaitement vrai. Je l'ai ^crit sans ménagement à Mathieu. J'ai dit à Mathieu que c'est un choix de la congrégation dont lui (Mathieu) est un des chefs. Vous voyez que je ne cache pas la vérité, que je ki pousse jusqu'à blesser lorsque cela est nécessaire. S'ils se perdent, je n'aurai rien à me reprocher. Les 30 millions découverts et "expliqués par Villèle lui feront honneur. Ne regrettez pas le pauvre Riche... [lieu] et ses ministres. Ces gens là ont été aussi méchants qu'ils étaient incapables. Leur rage actuelle ne vient que de leur amour propre humilié et de la preuve acquise que les Royalistes peuvent gouverner et administrer la France tout aussi bien et mieux que les valets de Bonaparte. Je n'ai qu'une crainte, qu'une seule crainte ; une division dans le coté droit. Delalot doit être très mécontent. Berlin de Vaux, qui l'inspire et lui donne les idées qu'il n'a pas, est aussi très peu satisfait ; La Bourdonnaye, Donnadieu, Bouville sont emportés ou hargneux ; mon ami Laisné a une ambition rentrée et un amour propre rentré. Voilà les éléments du mal. Quant au côté gauche, il n'est pas du tout à craindre ; mais si Villèle passe cette session, il est à jamais sauvé. Bonjour, je pars. ^

7^7 6 et 7 juin 1822.

J ^^ Division

Politique

No 29

Monsieur le Vicomte, Je vous écris à la hâte cette courte dépêche au moment où je reçois la vôtre du ,3 du courant N*' 13, et votre lettre sous la

1. D'après i'original autographe. — Archives du château de Maucreux. Correspondance de Chateaubriand. T. III. 8

même date relative au sieur Pierre Viennot. Je suis obligé de partir pour Rojal-Lodge, à Windsor. Le Roi vient de m'y faireinviter à dîner et à coucher aujourd'hui. S'il ne me retient pas. demain et que je sois revenu avant l'heure du départ de mon courrier, j'ajouterai un PostScriptum h cette dépêche.

Votre dépêche, Monsieur le Vicomte, ne touche à rien d'essentiel qu'à l'affaire de Jersey, J'avais eu l'honneur de vous prévenir par ma dépêche particulière du 47 mai, de l'envoi d'un petit bâtiment de guerre anglais à Jersey. Voyant que lord Londonderry ne se hâtait pas de me faire avoir avec M. Peel la conférence^ qu'il m'avait proposée, j'ai prévenu votre juste impatience, et j'ai remis une note pressante au marquis de Londonderry. J'ai l'honneur de vous en envoyer la copie.

A mon retour de Windsor, je recommencerai mes démarches. Peut-être même verrai-je le Ministre des Affaires étrangères chez le Roi.

Le Ministre a remporté hier une victoire complète, relativement à VAlien Bill qui vient d'être renouvelé pour deux ans. Il commence à être sérieusement question d'un congrès. Lord Stewart qui est ici et le prince Esterhazy se disposent à s'y rendre.

Je reçois à l'instant par une voie extraordinaire le discours du Roi que vous avez eu la bonté de m'envoyer ; je vais le porter ù W^indsor.

J'ai l'honneur d'être avec une haute considération,

Votre très humble et très obéissant serviteur * Chateaubriand.

Vendredi 7 ïuin.

P. S. J'arrive de Royal-Lodge^ Monsieur le Vicomte, le Roi m'a comblé de bontés. Il ne m'a point envoyé coucher à une maison de campagne voisine, comme le reste de ses hôtes ; il a voulu me garder chez lui. Au dessert, quand les femmes se sont retirées, il m'a fait asseoir à ses côtés, et pendant deux heures, il

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m'a conté l'histoire de la Restauration, me parlant sans cesse du Roi, mon maître, avec l'amitié la plus vraie et Tadmiration la mieux sentie. Il n'a pas voulu me retenir à cause de mon courrier, mais il m'a fait promettre de revenir le voir : ce sont ses obligeantes paroles. 11 a lu le discours de Sa Majesté Très Chrétienne, que j'avais eu l'honneur de lui présenter, avec une vive satisfaction. En arrivant à Londres, je trouve que ce discours a fait monter les fonds. ^ Rien de nouveau, d'ailleurs, ici : on attend à chaque moment un courrier de Pétersbourg.

Chateaubriand. - A S. Exe. Monsieur le Vicomte de Montmorency.^

7 '28 11 juin 1822.

Au vicomte de Montmorency.

1''« Division Londres, le 11 juin 1822.

Politique

Monsieur le Vicomte,

Votre dépêche, N® 14, contenant de nouvelles pièces sur l'affaire des pêcheurs de Granville, m'est arrivée le jour même où je devais dîner avec lord Londonderry. J'ai profité de cette circonstance pour le presser de me donner une réponse définitive ; je l'ai trouvé très gai, très affectueux pour moi, très disposé à m'écouter, et nous sommes convenus que nous nous reverrions jeudi prochain 13, à onze heures et demie du matin. Je ne manquerai pas, Monsieur le Vicomte, de vous instruire du résultat de cette conférence.

1. Le Comte dWnt'ioche [C/iateau h ria ml ambassadeur à Londres, p. 276-7) a publié les douze ligues précédenles,

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