‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 70 sur 149 · Chédieu de Robethon op. cil., p · texte numérisé non relu

Chédieu de Robethon op. cil., p

téeparce ministre et reçue avec de vives acclamations. Les souhaits les plus sincères ont été formés pour la longue vie d'un monarque dont l'expérience et la sagesse sont si nécessaires à la paix de l'Europe et au bonheur de la France. J'ai porté la santé de S. M. Britannique. Le lendemain, la Saint-Louis a été chômée par les gens de l'ambassade, et les sujets du Roi d'Angleterre ont participé très cordialement aux réjouissances de la fête du Roi de France.

Lord Bathurst est retourné à Combe wood chez lord Liverpool ; il m'a dit, ce que disent d'ailleurs les journaux, que S. M. Britannique s'embarquera jeudi prochain 29 au port d'Edimbourg et sera à Londres samedi 31. Une chose pourrait hâter la nomination ministérielle : on assure de nouveau que le duc de Wellington veut, avant son départ pour Vienne, connaître le ministre des Affaires Etrangères. La lutte est toujours entre M. Peel, M. Ganning, et à présent lord Bathurst : M. Canning perd du terrain depuis quelques jours. L'opposition semble n'avoir aucun espoir et ne faire aucune démarche. Si lord Bathurst est nommé, on dit que la place qu'il occupe comme ministre des Colonies sera donnée à M. Robinson, ministre du Commerce. En ce cas, le changement occasionné dans le Cabinet j)ar la mort du marquis de Londonderry sera d'abord peu sensible. Le ministère, qui n'aura plus la même force, conservera quelque temps le même esprit. Sauf M. Peel, les membres de ce ministère ne sont plus jeunes et leur caractère est assez irrésolu. Reste à savoir si M. Peel, orateur, se montrera maintenant homme d'Etat. M. Peel est âgé d'environ trente-quatre ans, son esprit est cultivé, ses manières polies, son extérieur agréable ; il doit tout à son talent, rien à son nom. Fils d'un marchand fort riche, il est marié depuis quelques années à une créole des Indes, qui est une des plus belles femmes du temps. Un des frères de M. Peel vient d'épouser la fille de la duchesse de Richmond. Elle est sans fortune, mais elle donne une grande alliance à la famille de son mari. La duchesse de Richmond est tout à fait mal avec la marquise de Conyngham.

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