Ilerriot, Récamier, II
Si/ :n octobre 1822.
A Villèle.
Vérone, ce .*M octobre 1822.
Je vous remercie, mon cher ami, de votre petit mot du 23, La dépêche de M. de Montmorency vous portera à peu près aujourd'hui la conclusion de l'atVaire d'Espa*^ne dans le sens de vos instructions. Vous verrez les notes verbales. Ce soir nous aurons une première ^ conférence du Congrès pour aviser au moyen de faire connaître à l'Europe les dispositions de l'Alliance relativement à l'Espagne. La Russie est à merveille pour nous ; l'Autriche nous sert dans cette question, quoiqu'elle soit pour le reste tout anglaise ; la Prusse suit l'Autriche. Le vœu très prononcé des puissances est pour la guerre avec l'Espagne. C'est à vous, mon cher ami, à voir si vous ne devez pas saisir une occasion, peut-être unique, de replacer la France au rang des puissances militaires, de réhabiliter la cocarde blanche, dans une guerre courte, presque sans danger, vers laquelle l'opinion des royalistes et de l'armée vous pousse aujourd'hui fortement. 11 ne s'agit pas de l'occupation de la Péninsule, mais d'un mouvement rapide qui remettrait le pouvoir aux véritables Espagnols et vous éviterait ~ les soucis de l'avenir. Les dernières dépêches de M. de La Garde prouvent combien le succès serait facile. Toute l'Europe continentale serait pour vous, et l'Angleterre, si elle se fâchait, n'aurait pas même le temps de se jeter sur une colonie. Quant aux Chambres, un succès couvre tout. Sans doute le commerce et les finances soulîriront un moment, mais il y a des inconvénients à tout. Détruire un foyer de jacobinisme, rétablir un Bourbon sur le trône par les armes d'un Bourbon, sont des résultats tels, qu'ils l'emportent sur des considérations d'une nature secondaire. Enfin, comment sortirons-nous delà position où nous nous