Henri de Rauzan
2. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux
pour la paix ou pour la guerre, vous marcherez hardiment dans, la route que vous aurez cru devoir suivre. La crise des fonds^ sera courte : s'il y a guerre, un succès les relèvera ; s'il y a paix, ils remonteront également. Dans la supposition de la guerre, ce que nous avons fait ici vous servira puissamment, et vous n'êtes point d'ailleurs engagé au delà de ce qui cesserait d'être cas d'absolue nécessité. Quant à moi, je ne séparerai point ma destinée politique de la vôtre. Viennent jamais les revers et vous verrez si je suis fidèle à mes amis.
M. de Montmorency se propose de partir demain ; Pozzo le suit ; moi, je crois que je serai libre dans les premiers jours du mois prochain ; j'aurai grand plaisir à vous revoir et à vous embrasser. Tout à vous et pour la vie.
855 19 novembre 1822.
A Madame Récamier.
Vérone, ce 19 novembre 1822.
M. de Montmorency nous quitte après-demain, et j'espère le suivre dans une quinzaine de jours, si vous ne mandez pas que vous venez en Italie. M. de Bourgoing ne m'a rien apporté de vous. 11 m'a dit que vous étiez revenue de la campagne, mais que vous étiez allée à Angervilliers. Que j'ai de choses à vous dire et que j'ai grand besoin de vous revoir ! C'est un supplice de ne pouvoir s'expliquer. Ce supplice heureusement va finir, et dans^ une quinzaine de jours vous m'attendrez ou je vous attendrai. Je ne vous parle point de Vérone. J'y suis très-bien à présent, mais j'ai eu d'abord des difficultés à vaincre. Vous savez que je m'y attendais. A jamais à vous. -