‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 91 sur 149 · Mémoires de Villèle : « tête basse · texte numérisé non relu

Mémoires de Villèle : « tête basse

bien calculer les suites et prévoir les chances ' ; mais je crois que révénement arrivé, on ferait disparaître la plus grande partie des dangers, en adoptant un système do conduite dont je poserais «insi les principales bases :

i^ Déclarer par une proclamation, en entrant en Espagne, qu'on ne veut ni attaquer son indépendance, ni imposer des lois à la nation espagnole, ni lui dicter des formes de gouvernement, ni se mêler de sa politique intérieure ^ en quelque manière que ce soit :

2° Faire prendre la cocarde espagnole à nos soldats, occuper les villes et les villages -'au nom de Ferdinand, planter partout le pavillon espagnol à côté du drapeau blanc, ne parler jamais qu'au nom des autorités espagnoles qu'on rétablirait partout en avançant ;

3** Marcher jusqu'à l'Kbre, s'y établir, et ne le dépasser qu'en cas d'absolue nécessité. Fournir des armes et de l'argent aux Espagnols fidèles, les laisser terminer eux-mêmes la querelle, en se contentant de les appuyer dans certaines positions pour leur assurer la victoire ;

4** Déclarer qu'on ne veut ni occuper l'Espagne, ni lui faire payer les frais de la guerre ; offrir sans cesse la paix et se retirer aussi promptement qu'on serait entré, dès que les circonstances le permettraient.

Monseigneur le duc d'Angoulême devrait commander l'armée et avoir sous ses ordres un maréchal de France. Le maréchal Macdonald est naturellement indiqué. Il jouit d'une réputation qui donnerait de la confiance aux soldats, et en même temps il n'est pas, comme d'autres maréchaux, odieux à la nation espagnole.

Ces idéeSj mon cher ami, vous seront sans doute venues, comme à moi. Un pareil plan promptement et exactement exécuté,

1. Congrès de Vérone: « des hostilités dont il faut bien calculer les chances ».

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