Mémoires de Villèle, III
Duc de Wellington est parti ce matin. L'empereur Alexandre part le 13 du mois prochain, ou plutôt de ce mois car je vous écris le l^'^ à minuit. Bonsoir. ^
866 3 décembre 1822.
A Villèle.
Vérone, ce 3 décembre 1822.
Voici vraisemblablement, mon cher ami, la dernière lettre que je vous écris de Vérone, à moins d'événements. Nous attendons votre courrier du 10 au 11, et je partirai immédiatement après son arrivée. Les affaires d'Italie sont finies, et aussi bien que possible pour la France, vu les circonstances. L'évacuation du Piémont commencera le l^*" janvier et sera complétée le l*^'' septembre ; on retirera quelques troupes de Naples, et on diminuera la contribution en argent. Il n'y aura point de tribunal commun en Italie, et le prince de Carig-nan ne sera point exclu de la couronne ; ainsi les intentions du roi sont remplies.
Je vous ai écrit de longues lettres sur nos affaires d'Espagne ; mais au moment où je vous écris votre parti doit être pris. Ainsi en vous parlant encore de l'Espagne, je ne ferais que rabâcher.
A présent, mon cher ami, encore un dernier mot sur vos intérêts particuliers; mon dévouement m'a acquis le droit de vous en parler. 2 Je vais sans doute être obligé d'aller à Londres ;jene serai pas à Paris pour prêcher la concorde et vous réunir des voix dans la Chambre. Vous y aurez sans doute une grande majorité ; mais songez bien qu'une opposition royaliste contre un ministère royaliste, si faible qu'elle puisse être, est ce qu'il y a de plus déplorable, et qu'à la longue elle réussira. Vous pouvez tout
1. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.