Texte imprimé : « s'ouvrait
5. Le texte complet et défmitif se trouve dans les Poésies diverses de Chateaubriand.
Etais-je en verve ? Le reste ne va pas mal : vous retrouverez Natalie. Le Congrès estsaboulé. Le Simplon admiré, mais remis à sa place, et ses rochers abaissés au dessous des rochers de Meillerie leurs voisins. Enfin c'est \e vieil homme revenu dans le vieux homme. Cachez bien ma honte. Heureusement que lord Strangford, ambassadeur à Gonstantinople, fait aussi des vers, en empêchant la Russie d'avaler les Turcs ; et le P*^® Metternich est amoureux de toutes les femmes : à chacun sa coulpe. — J'ai reçu une lettre fort aimable de M"'*^ de la Tour du Pin, qui m'invite à m'arrêtera Turin. Mais je ne sais encore si je passerai par Turin.
Le courrier anglais vient d'arriver avec votre lettre du deux. Mathieu Duc? Pourquoi pas. Il a fait d'assez bonne besogne pour cela. De Caze aussi est Duc, et Polignac prince. Que voulez-vous? C'est du radotage, mais je cherche en vain à deviner par votre lettre si le Conseil du Roi a accepté ou non les mesures proposées par le Congrès. C'était là pourtant l'essentiel à savoir pour moi. Attendons donc le courrier de Mathieu qui arrivera sans doute demain soir ou après demain. Il a (lui Mathieu) écrit un petit mot à Caraman. Il paraît fort gai. C'est la nature de la linotte et cela ne prouve rien. Vous ne me dites pas si vous avez reçu la copie de ma grande lettre à Villèle. Je vous écrirai encore avant de quitter Vérone. *
S70 12 décembre 1822.
Au duc de Montmorency.
Vérone, le 12 décembre 1822.
Monsieur le duc.
J'ai eu ce matin une conversation très longue avec M. le prince de Metternich et une autre avec Sa Majesté l'empereur de Russie.
1. D'après l'original autographe. — Aichives du château de Maucreux.
Le premier pense qu'il est utile que j'aille vous en rendre compte immédiatement. En conséquence, je partirai demain 13^ et j'espère arriver vers le 20 à Paris. Par le courrier qui vous porte cette dépêche, je réponds à deux lettres de M. de Villèle. Ma réponse indique en général la suite des idées dont j'aurai à vous entretenir .
M. de Garaman vous aura sans doute mandé. Monsieur le duc, que les affaires d'Italie se sont terminées d'une manière assez honorable pour la France. Demain, jour de mon départ, il y aura séance de clôture du congrès, et lundi prochain 16 les souverains et les ministres auront quitté Vérone.
J'ai l'honneur de recommander à votre bonté ^ Messieurs de Rauzan et d'Aspremont, et vous prie d'agréer, avec mes félicitations sur votre nouveau titre, l'assurance de la haute considération aveclaquelle j'ai l'honneur d'être.
Monsieur le Duc,
Votre très humble et très obéissant serviteur Chateaubriand. ^
87 i 12 décembre 1822.
A Villèle.
Vérone, ce jeudi soir 12 décembre 1822.
J'ai reçu, mon cher ami, votre lettre du 3 de ce mois, vingtquatre heures avant celle du 28 du mois passé. Aussitôt que la première m'est parvenue, j'ai couru chez le prince de Metternich, et j'ai eu ce matin avec lui une conversation de la dernière importance. L'empereur de Russie m'a aussi accordé une audience, et ce généreux prince m'a parlé plus d'une heure avec un intérêt pour