‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 105 sur 161 · Archives de la famille de Polignac · texte numérisé non relu

Archives de la famille de Polignac

moi, qu'il est meilleur pour nous de différer votre voyage pour quelque temps. Le mot que je vous avais dit en passant sur le C^^ de Liéven, ne valait pas la peine des explications dans lesquelles vous êtes entré : Pozzo est ici très g-rognon, nous sommes dans un moment de crise ; cela ne tardera pas à se débrouiller. M'°^ de Liéven nous gênera plus que son mari. J'ai peur que le mouvement de Lisbonne ne se fasse sentir en Espagne.

Tout à vous, Noble Prince.

Chateaubriand.^

i43S 19 mai 1824.

Au Comte de la Ferronnays.

Paris, ce 19 mai 1824.

Vous verrez, monsieur le comte, par mes dépêches que les affaires vont mieux en Espagne. Nous avons enfin l'amnistie ; mais il a fallu la circonstance du renouvellement du traité d'occupation pour l'arracher; et si nous n'avions pas posé cette alternative : Point d'amnistie, point de renouvellement de traité, nous n'eussions rien eu, et tout ce que les souverains auraient écrit et demandé aurait été inutile. M. de Talaru, se trouvant dans une meilleure position que ses collègues pour agir, en a profité ; et ce que nous avions si longtemps sollicité pour nos services a été accordé à la crainte de nous voir partir.

Vous serez encore plus content de la réponse de M. Ofalia à la note de sir William A'Court. Vous verrez que tous les droits de l'Espagne sont réservés, qu'elle se serre à ses amis du continent, et qu'elle prie de nouveau l'Angleterre d'entrer elle-même dans la médiation. Elle ne pouvait faire une réponse plus digne et plus convenable.

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