‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 15 sur 161 · Archives de Polignac · texte numérisé non relu

Archives de Polignac

i^S6 6 octobre 1823.

Paris, le 6 octobre 1823.

Vous verrez, noble Prince, par mes lettres confidentielles ^, ce qu'il faut que vous répondiez à M. Ganning. A présent, nous ne pouvons que décliner sa proposition, elle est en elle-même un peu odieuse ; car nous demander d'entrer dans un pacte avec TAngleterre pour dépouiller l'Espagne de ses colonies tandis que nous combattons pour la délivrance de son roi est un jeu double et machiavélique que la France est trop noble pour jouer. Je n'ai rien à ajouter aux lettres confidentielles dont j'ai donné le fond, qu'une chose : c'est qu'en repoussant la proposition il faut le faire avec une grande réserve et une grande politesse. 11 faut même ne pas bannir rigoureusement toute voie aune négociation future : car il faut prévoir le cas où la folie de Ferdinand et l'entêtement espagnol ne voudraient entendre aucun arrangement sage sur les colonies et où l'Angleterre, prenant son parti, forcerait aussi la France à prendre le sien. Mais en vous tenant dans cette mesure, en faisant surtout entendre que la question des colonies est une de ces questions majeures qui doit être traitée en commun avec tous les alliés, et dont personne ne doit faire son profit particulier, cette marche franche embarrassera beaucoup Ganning, et l'Angleterre craindra de se brouiller avec le continent.

Vous voyez, noble Prince, qu'il ne s'agit pas d'établir à présent des négociations ; que, si l'Angleterre a un intérêt à presser, nous en avons un à attendre, car il nous faut, avant tout, le dénouement de l'affaire d'Espagne. Nous verrons, si dans la suite la négociation particulière s'entamait entre nous et l'Angleterre, quel mode il serait bon de choisir pour la suivre. Mais certainement il n'y en a que deux, ou par vous, ou par des notes, car

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