‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 17 sur 161 · Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Congrès de Vérone

que M. Comte fût en Suisse, lorsqu'un Monsieur vint me dire qu'on allait le renvoyer de Lausanne et qu'il me demandait de m'intéresser à lui. Je lui répondis qu'apparemment M. Comte était renvoyé par mesure de police ; que je m'en informerais et que je verrais ce qu'il me serait possible de faire pour lui. J'en parlai effectivement à M. Franchet qui m'assura que M. Comte était à la tête de tous nos révolutionnaires en Suisse et qu'il y prêchait les principes les plus opposés au gouvernement des Bourbons. Voilà l'exacte vérité ; c'est tout ce que je sais de M. Comte. Je n'ai pas écrit un mot de lui à l'ambassadeur. Son nom ne s'est jamais présenté à mon esprit ni sous ma plume. Il est vrai que le Monsieur^ son ami, m'a dit que ce M. Comte irait en Angleterre écrire des choses terribles contre moi : cette menace me tenta un moment, et j'eus la mauvaise pensée de faire donner à M. Comte la liberté d'aller écrire de si grandes choses, car je suis partisan décidé de la liberté de la presse ; mais je repoussai cette inspiration du diable, et j'oubliai M. Comte de nouveau, ou plutôt je ne songeai qu'à lui rendre service. Vous me connaissez assez pour savoir si je vous dis ici la pure vérité.

Dans ce moment, on sollicite mon intérêt pour un bon régicide qui ne demande qu'à respirer l'innocence et la paix dans les vallées de la Suisse, et je vais m'occuper de cet honnête homme^ et voir si je puis lui procurer le bonheur champêtre si bien fait pour son âme simple et naïve. Si j'en suis là, comment imaginer que je persécute M. Comte, qui n'a d'autre tort à mes yeux que d'écrire lourdement et ennuyeusement, autant qu'il m'en souvient pour avoir lu un article de lui contre le roi, il y a sept ou huit ans ? Défendez-moi auprès de vos injustes amis. ^

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