Extrait veut alors dire Analyse
La démarche du Roi d'Espagne pour réclamer l'intervention de l'Alliance dans la question des Colonies a été retardée par l'effet du chang-ement d'administration. Elle serai faite incessamment. M. l'ambassadeur de Russie a reçu des instructions pour prendre part aux conférences qui s'ouvriront ici. Elles sont rédigées dans le meilleur esprit.
Nous avons vu avec plaisir que M. de Metternich n'attache aucune importance aux bruits absurdes qui ont couru sur un prétendu projet de traité d'alliance entre la France et le Portugal. Nous ne concevons pas ce qui a pu y donner lieu. ^
iSW 4 janvier 1824.
A Madame Récamier.
4 janvier 1824.
J'ai reçu non pas vos lettres, mais vos petits billets jusqu'au 24. Je voudrais vous écrire plus souvent, plus exactement, plus longuement, mais les derniers jours de l'année ont été si remplis d'affaires que je n'ai pas eu un seul moment à moi, et ce qui a achevé de m'accabler, M™^ de Chateaubriand a été et est encore assez malade. Ainsi vous voyez que nous avons l'un et l'autre fini l'année tristement. En voilà une autre qui commence : ah ! puisse-t-elle être plus heureuse ! elle le sera si vous revenez. Croyez-moi, vieux voyageur, il n'y a de bon que le repos, le coin du feu et quelques amis éprouvés par le temps.
Je ne vous parlerai point de politique. Dans trois mois les chambres vont s'ouvrir. Si j'ai le bonheur de réussir à la tribune comme l'autre année et que nous obtenions (et j'en suis à peu près sûr) la septennalité, alors j'aurai rempli une carrière utile à mon pays tant à l'extérieur qu'à l'intérieur ; le reste me sera
1. Minute aux Aff. Elr. Correspondance Politique, Autriche 404, f"^ 401'.
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indifférent. Mais revenez me conter tout ce que vous aurez vu dans cette Rome que je ne reverrai sans doute jamais.
Je vois par mes affaires qu'il me sera impossible d'écrire régulièrement ; mais je le ferai aussi souvent que je le pourrai. Le temps où je vous écrivais tous les jours n'est pas passé. \'ous n'avez qu'à revenir dans votre cellule. ^
iS4i 4 janvier 1824.
Au prince de Polignac.
Paris, ce 4 janvier 1824.
Je vous expédie un courrier, noble Prince, pour vous porter copie de la note en demande de médiation pour les Colonies, que je reçois à l'instant de Madrid. Je désire bien qu'elle vous parvienne avant que M. Ganning l'ait reçue de Sir William A' Court.
Cette note n'est pas telle que nous l'aurions faite. J'ai peur que le mot de Souveraineté n'effarouche le cabinet anglais. Le ministère espagnol n'a pas assez senti que l'important pour lui était d'ouvrir une médiation, quitte ensuite à faire valoir ses raisons dans le cours de la discussion ; mais enfin nous n'aurons pas autre chose, et comme après tout il n'est plus question de défendre les colonies à main armée, on peut se placer sur ce terrain.
Représentez donc à M. Canning que, quel que soit le parti que semble prendre l'Angleterre, c'est une très bonne chose pour elle d'accepter la médiation avec nous et les alliés. D'abord, elle se met à l'aise avec la légitimité ; elle garde toutes les convenances, elle n'a pas l'air de méconnaître tout à coup les droits de TEspagne, et si elle est déterminée à reconnaître l'indépendance, du moins elle le fait avec une apparence de justice, après avoir entendu les deux parties et écouté l'Espagne dans sa propre