Archives de la famille de Polignac
tégés quand les secours de la Marine ne pouvaient pas être aussi etîectifs.
Agréez.
i,Wl 28 janvier 1824.
A Madame Récamier.
Paris, ce 28 janvier 1824.
Vous parlez de mes triomphes et de mon oubli. Ne croyez ni aux premiers ni au second. Si des succès politiques mêlés de travaux qui me tuent sont des triomphes ; si de perdre le reste de sa vie dans des occupations contraires à ses goûts sont des choses qui peuvent faire oublier les attachements et les charmes d'une autre espèce d'existence, du moins est-il vrai que ces occupations n'ont pas ce caractère pour moi. Je ne vous écris pas autant que je le voudrais ; tantôt les courriers me manquent, car je n'ose confier mes lettres à la poste; tantôt les affaires surviennent avec une telle abondance que je suis obligé de passer les nuits. Je croyais être délivré après la guerre d'Espagne, et il s'est trouvé que les difficultés et les négociations ont commencé pour moi en ce moment. Que vous êtes heureuse d'être au milieu des ruines de Rome! que je voudrais y être avec vous! Quand retrouverai- je mon indépendance, et quand reviendrezvous habiter la cellule? Dites-moi tout cela: écrivez-moi. Ne m'écrivez pas des billets si secs et si courts, et pensez que vous me faites du mal sans justice. C'est une double peine que de souffrir sans avoir mérité le mal qu'on vous fait. A vous, à vous pour la vie. ^