‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 69 sur 161 · Le mercredi est un 28 en janvier · texte numérisé non relu

Le mercredi est un 28 en janvier

2. Le signe X est sur l'autographe. — X. X. X. [L'abbé Pailhès], op. cit. — Collationné sur l'original autographe de la collection de M™® Victor Egger.

Ce décret peut faire un nombre de partisans infini aux Espagnols, dans les colonies ;

Il embarrasse les projets de l'Angleterre et retarde du moins, s'il n'empêche, la reconnaissance que cette puissance veut faire de l'indépendance des colonies. Or, gagner du temps sur ce point est tout pour l'Espagne ;

Enfin, il sera du plus grand effet en France, et fermera la bouche aux détracteurs de la guerre d'Espagne. Nous aurons fait par cette guerre ce que personne n'avait fait avant nous : nous aurons amené l'Espagne à ouvrir légalement ses colonies à l'Europe ; il ne s'agit pas de l'effet reeZ, de l'effet physique^ mais de l'effet d'illusion, de l'effet moraZ, qui est aussi une force immense. Nous savons bien que ce décret n'empêchera peut-être pas l'Angleterre de déclarer l'indépendance, et il ne fera pas qu'un port de plus soit ouvert à nos vaisseaux au Mexique et au Pérou. Mais il nous place sur un excellent terrain ; il met au contraire l'Angleterre dans une position glissante, nous renforce et est surtout de la plus grande utilité à l'Espagne.

Les emprunts que ce malheureux pays fait ou veut faire achèvent sa ruine. S'il engage partout ses revenus, comment vivra-t-il ? C'est le clergé qui devrait payer l'intérêt d'un emprunt et adopter le plan très-raisonnable des Rothschild. Vous direz que ce clergé veut régner et qu'il ne fera rien avec ce ministère; je vous répondrai : Eh bien, qu'il règne et qu'il renverse ce ministère, pourvu qu'un ministère nouveau soit dans les intérêts communs de l'Espagne et de la France ; mais voilà la difficulté : Saez était-il à nous? Erro, que nous avons comblé ici, est-il à nous? Ce peuple est ingrat avant tout, et le clergé l'est encore davantage. Au reste, peu nous importe qui gouverne, pourvu qu'on gouverne. Le despotisme le plus aveugle vaut encore mieux que l'anarchie ; mais en Espagne il n'y a que de V arbitraire, ce qui est bien différent du despotisme ; et avec l'arbitraire on ne fait rien.

Voici donc en résumé votre conduite en ce moment :

Signez la reconnaissance et le traité d'occupation ; obtenez l'am-

nistie et le décret pour la liberté du commerce, et ne pensez pas que vous puissiez revenir avant d'avoir obtenu ces deux derniers actes.

Le front du roi commence à s'éclaircir; tout s'arrangera par mon amitié et mon dévouement pour vous. Puisque vous avez payé pour la Toison, que je ne perde pas mon argent, et faitesmoi délivrer le diplôme. Villèle a payé aussi des paperasses, et ne reçoit rien.

Les nouvelles des provinces dont vous me parlez ne sont pas aussi mauvaises qu'on le dit, à Madrid du moins, sur nos frontières. La Catalogne, au contraire, s'organise, et le baron d'Eroles prouve qu'on peut faire quelque chose et trouver même de Targent en Espagne ; mais vous verrez que parce qu'il va bien en Catalogne, on l'en retirera.

Tout à vous, mon cher ami.

i370 29 janvier 1824.

Au prince de Polignac.

Paris, le 29 janvier 1824.

[Confidentielle.)

Prince, le gouvernement espagnol, cherchant toujours à éviter de donner trop de publicité à ses concessions pour le commerce des colonies d'Amérique, a voulu envoyer le duc de San Carlos à Londres en mission extraordinaire pour faire valoir auprès du gouvernement anglais un ordre adressé aux commandants Espagnols dans les colonies, qui assure, en fait, la liberté de commerce que nous demandons, et pour engager par là le gouvernement

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