Mémoires de Ihjde de Neuville, t. III, p. iOl
i'266 15 septembre 1823.
Au prince de Polignac.
Paris, ce 15 septembre 1823.
Les journaux vous diront à peu près, noble Prince, l'état des choses devant Cadix. Voici le détail officiel. Alava est arrivé au Port Sainte-Marie, porteur d'une lettre de Ferdinand pour le Duc d'Angoulême. Cette lettre demandait un armistice. Le duc d'Angoulême a refusé de voir Alava. 11 a envoyé le duc de Guiche porter sa réponse au roi d'Espagne. Cette réponse refuse tout net l'armistice, et déclare que le duc d'Angoulême ne consentira à traiter que quand le Roi, libre, sera venu dans le camp français à Chiclana ou au Port Sainte-Marie. Le duc d'Angoulême se conduit réellement de la manière la plus admirable. Au reste, il paraît dans ses lettres plein de confiance d'une fin prochaine et heureuse.
Sir Charles Stuart crie ici beaucoup contre Sir William A'Court, et prétend qu'en offrant sa médiation, il a dépassé ses pouvoirs, mais vous aurez remarqué que Sir William A'Court dit positivement dans sa lettre qu'il est autorisé à intervenir quand une des deux parties belligérantes le demanderait. Il est évident que Sir (Charles ne crie que parce que le refus de l'intervention de la part de Mgr le duc d'Angoulême est un nouveau soufflet^ à l'Angleterre. Taisons-nous sur tout cela; soyons modestes, et il sera toujours temps de triompher après le succès complet, et souvenons-nous que nous n'avons pas encore Ferdinand.
Tout à vous, noble Prince.
Chateaubriand.
Votre lettre confidentielle, n^ 10, m'est arrivée ce matin. ^