Mémoires de Ilyde de Neuville, t. III, p
aucun plaisir. Sa position devient bien plus mauvaise ; il ne pourra plus argumenter des intérêts du commerce et sera forcé de déclarer qu'il veut des dévolutions^ ou bien de se taire. L'effet a déjà été immense ici dans le commerce et parmi les ag-ents diplomatiques. Le chargé d'affaires des Etats-Unis m'en a luimême félicité. Il est surtout de notre politique de le faire sonner bien haut. Gela n'empêchera pas l'Angleterre d'aller son train, mais cela peut aussi retarder la déclaration de la reconnaissance et, dans tous les cas, nous place sur un excellent terrain dans le cabinet et à la tribune. Signez donc, noble Prince, quelque bon traité et nous vous enverrons le cordon bleu comme à Talaru.
Je songerai à placer le jeune de Lalot et je lui répondrai.
Tout à vous, noble Prince.
Chateaubriand.
P. -S. — Le traité d'occupation sera mis dans le Moniteur demain ou après-demain. N'ayant pas le temps de le faire copier, je ne vous l'envoie pas. *
i38^ 17 février 1824.
A M. de Rayneval.
Paris, ce 17 février 1824.
J'ai le plaisir, monsieur, de vous annoncer que toutes nos affaires en Espagne sont terminées. M. de Talaru a signé le traité des prises, la reconnaissance des 34 millions et le traité d'occupation . Les bases de ce dernier sont, comme je vous l'ai déjà dit : quarante-cinq mille hommes que nous laisserons à notre solde en Espagne ; les Espagnols ne nous payeront que la différence du pied de guerre au pied de paix, évaluée à deux millions, y com-