Archives de Polignac
i386 27 février 1824.
Au marquis de La Tour du Pin.
Paris, 27 février 1824.
J'ai reçu, Monsieur le Marquis, vos dernières lettres. Tout ira bien partout. Nous sommes ici dans le triomphe de nos élections ; c'est une suite de nos triomphes en Espagne ; voilà pourquoi je n'avais jamais hésité à conseiller de casser la Chambre pour obtenir la septennalité : cette opération ne paraissait hasardeuse qu'à ceux qui ne connaissent pas la France et les effets d'un succès. II suffît dans notre pays de vouloir avec force et constance et Ton est sûr de son fait. L'événement nous justifie : vous en verrez les détails dans les journaux. Je vous envoie. Monsieur le Marquis, une lettre pour le Roi et une autre pour M. le Comte de La Tour. Mettez, je vous prie, aux pieds de S. M. ma vive et profonde reconnaissance. Je n'ai rien fait pour mériter la faveur dont il daigne aujourd'hui m'honorer. Je regarderai l'ordre suprême de TAnnonciade, non comme une récompense de mes services, mais comme une marque de bonté qui doit m'exciter à veiller aux intérêts de la Sardaigne et à resserrer de plus en plus les liens qui l'unissent à la France.
Agréez, Monsieur le Marquis, la nouvelle assurance de mon dévouement et de ma haute considération.
Chateaubriand. *
i3S7 28 février 1824.
Au comte de Peyronnet, garde des sceaux.
Paris, le 28 février 1824.
Monsieur le Comte,
Vous m'avez fait l'honneur de me mander qu un Piémontais nommé Giniès, exerçant à Marseille la profession d'avocat, avait appelé sur lui par sa conduite répréhensible l'attention du gou-