‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 91 sur 161 · Archives de Villèle · texte numérisé non relu

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parce que mes combats de tribune vont commencer. Je vous recommande toujours de tâcher de faire partir M. Royez pour Lisbonne. Mais comme il faut que M. Maltzahn le remplace à Madrid, nous ne parviendrons h ce mouvement que par l'arrivée d'un ministre prussien à Paris. C'est une misérable économie de quelques mille francs qui paralyse ce mouvement. Commencez à faire entendre que le Roi désirerait enfin voir un ministre à sa cour et qu'il y a déjà bien longtemps que le comte de Goltz est mort.

J'ai dit à M. de Rauzan de soigner vos affaires particulières. ' Tout à vous, Monsieur, et de tout cœur. Chateaubriand. -

1407 25 mars 1824.

Au prince de Polignac.

Paris, le 25 mars 1824.

J'ai grande envie, Noble Prince, d'apprendre l'effet du discours du Roi en Angleterre. L'effet a été immense ici, V alliance seule a trouvé que nous n'avions pas assez parlé d'elle en l'appelant les alliés. Nous ne pouvons aller plus loin sans faire hommage de nos succès en Espagne à l'Autriche et à la Russie et sans choquer l'Angleterre. A cela près, tout a réussi; l'Angleterre surtout doit être satisfaite. Sir Charles Stuart m'a demandé si par cette phrase : « Tai V espoir que les Affaires tV Orient et des Amériques espagnoles », etc., nous entendions des négociations plus particulières. Je lui ai dit que cette phrase ne s'appliquait, comme cela est la vérité, qu'à l'espoir général que nous avions de voir les choses s'arranger pour le mieux possible ; il a été

\. M. de Rayneval avait demandé des frais de représentation, qui lui furent accordés.

2. Original autographe. Ministère des Affaires étrangères. Prusse, 205, f° 130.

pleinement satisfait. Faites valoir à M. Ganning la phrase sur Voccupation^ je l'ai mise pour lui. Nous excitons une grande jalousie en Europe. Plus l'Angleterre nous loue, plus nous devenons suspects à Vienne et à Pétersbourg. C'est là notre difficulté ; nous manœuvrons entre deux écueils. Faites toujours très bonne mine à vos collègues et voyez-les souvent.

Que veut dire le prompt retour de M. Ward?

La duchesse de Lucques est morte.

Tout à vous, Noble Prince.

Chateaubriand. ^

1408 26 mars 1824.

Au prince de Polignac.

Paris, 26 mars 1824.

Votre courrier n'est pas arrivé ce matin et j'en suis fâché. Nous avons reçu des lettres de Pétersbourg. L'empereur a été très étonné de la réponse du Cabinet anglais au gouvernement espagnol sur la demande en médiation : iVlexandre paraît très animé sur l'affaire des colonies. Le courrier Russe qui vous porte cette lettre, est chargé de dépêches de Saint-Pétersbourg pour M. de Lieven. Elles ont principalement rapport aux affaires d'Orient. La Russie demande à ouvrir des Conférences à Pétersbourg, sur les affaires de la Grèce. L'Angleterre refuse à peu près d'y prendre part ; l'Autriche veut transporter les Conférences à Vienne ; nous adhérons à ce que demande l'Empereur de Russie et nous sommes prêts à prendre part aux Conférences, si elles ont lieu soit à Pétersbourg, soit à Vienne.

Je reviens sur la petite affaire de l'Hermione devant Alger : Celle-ci a peut-être eu tort de ne pas parler à l'amiral sur le signal qu'on lui faisait et de vouloir franchir le blocus effectif,

mais d'un autre côté, l'amiral a eu tort de faire feu, et de le diriger dans le corps du bâtiment. Il faut espérer que le gouvernement anglais fera rendre justice, et nous donnera toutes les satisfactions que nous pouvons être en droit d'exiger.

Tout à vous, Noble Prince.

Chateaubriand. ^

i409 27 [mars 1824].

A Villèle.

Samedi matin 27.

Mon cher ami, il paraît que deux places de directeurs généraux sont vacantes. N'oubliez pas M. Percheron.

Nous avons de bonnes nouvelles d'Amérique. A demain et tout à vous.

Chateaubriand. -

iiJO 29 mars 1824.

Au prince de Polignac

Paris, ce 29 mars 1824.

Je réponds à votre lettre du 26, que je reçois ce matin. Votre tête a fermenté, noble Prince, et vous croyez que nous vous cachons des secrets ; point du tout. Voici le fait qui réduit le tout à la chose possible.

Pouvons-nous reconnaître l'indépendance des colonies Espagnoles avant l'Angleterre ?

Non, nous Bourbons, nous, monarchie légitime, l'exemple ne peut pas venir de nous.

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