Archives de Broglie. — Paul Gautier op. cit., p
as 16 octobre 1805.
A Guéneau de Mussy.
Villeneuve-sur- Yonne, IG octobre 1805.
Votre lettre, mon cher et indulgent ami, m'a 'fait un grand plaisir. Je demandois de vos nouvelles à tout le monde; je ne savois ce que vous étiez devenu. Dieu soit loué ! vous voilà retrouvé, et, je le vois avec plaisir, plein d'une imagination rajeunie par la campagne et la solitude. Votre château me plaît fort, plaît fort à Joubert, à M'"^ Me Chateaubriand. Allons, du courage î vous êtes dans le bon chemin ; creusez votre Apocalypse ' ; la longue vie et le grand talent ne vous manqueront point.
J'ai été à Lyon, à Genève, au mont Blanc, dans le pays de Vaud. Je suis revenu peu content des montagnes. J'habite Villeneuve depuis mon retour et je ne serai à Paris que dans la première quinzaine de novembre. Je travaille peu ou point, et les dégoûts que je vous ai vus quelquefois pour le travail, je les éprouve à mon tour. Je fais des réflexions noires sur la vie qui m'ennuie : Tœclet aniniam main vitse rïieœ ; enfin je suis digne d'habiter les tourelles du château que vous m'avez décrit si bien-
N'allez pas vous aviser de rester cet hiver en province ; nous avons besoin de vous à Paris. Gomment voulez-vous passer les longues soirées de l'hiver à Semur et comment ferons-nous sans vous dans cette grande solitude de nos colonnes ? - J'espère que vous m'annoncerez bientôt un changement de résolution. Tâchez de régler votre départ sur le nôtre, afin que nous rentrions ensemble dans Babylone.
Je ne sais rien de Fontanes, sinon qu'il mange moins que de