Bardoux La duchesse de Duras, p
Je vous demande donc, Monsieur le Baron, l'autorisation nécessaire pour mettre sous presse chez Le Normant, mon ouvrage intitulé Essai historique, politique et moral sur les Révolutions anciennes et modernes, considérées dans leur rapport avec la Révolution française. Je n'y changerai pas un seul mot; j'y ajouterai pour toute préface celle du Génie du Christianisme.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Paris ce 17 novembre 1812. *
^iO [1813]
A la duchesse de Duras.
Val-du-Loup, dimanche»
Rien ne peut me plaire autant que le naturel de ma sœur, sa manière franche d'aimer, de haïr, d'admirer ; et à Dieu ne plaise qu'elle change jamais tout cela pour du bel esprit et des sentiments sans simplicité. Je me réjouis. Je crois que je serai à Paris jeudi prochain, pour y passer huit ou dix jours. Ma sœur aura, si elle le veut encore, une bonne part de ce temps, tout, si cela était possible. Je vais la prier de faire quelque chose pour moi. Voici une petite liste d'arbres verts que je désire avoir. Ils sont rares ; mais cependant on peut les trouver chez les principaux pépiniéristes . Ma sœur a des chevaux ; elle pourrait rendre visite aux jardins des faubourgs et arrêter mes arbres. Mon papier finit, il faut finir. Si je disais combien je suis attaché à ma sœur, mes lettres seraient trop longues. Mille remerciements de la graine de pins. -
1. Préface de l'édition de 1826 de VEssai Historique sur les liévolutions,