Revue des autographes^ décembre 1892, n
les partis et toutes les opinions ont été contents. Là-dessus, il n y a qu'une voix. Revenez donc !
Dites à la mer toutes mes tendresses pour elle ! Dites-lui que je suis né au bruit de ses flots, qu'elle a vu mes premiers jeux, nourri mes premières passions et mes premiers orages; que je l'aimerai jusqu'à mon dernier jour et que je la prie de vous faire entendre quelques-unes de ses tempêtes d'automne ! Pensez aussi que j'ai habité Dieppe trois mois ; que je me suis promené souvent du haut des falaises de la côte, que j'ai appris à faire l'exercice sur les galets de la grève, et que tandis que le caporal mé disait : « Charge en quatre temps, arme à gauche, » je regardais avec des yeux d'envie la vague qui se brisait sur la rive... Revenez! chère sœur ! Revenez et comptez à jamais sur votre pauvre frère ! ^
^^S [Octobre 1814.] 2
A la duchesse de Duras.
Je suis enchanté que la vallée vous plaise; vous voyez ce que je puis faire avec le temps ; comme je cultive ce que j'aime et comme j'ai autant de patience que d'ardeur dans mes attachements. Achetez donc la maison du voisin et jetons le mur par terre. Mon Dieu, que ne fait-on ce qu'on veut? Et pourquoi la vie est-elle aussi pleine d'entraves et de soucis? Ce ne sont pas là des mots. Ecrivez-moi; je vous réponds que mes lettres à présent seront longues et que je trouveraienfîn le moyen de varier l'expression de mon tendre et éternel attachement.