Bardoux La duchesse de Duras, p
2. Je suppose, avec Bardoux, que la lettre a été écrite après celle du 6 octobre, et par conséquent que la date qui est à la fin est celle de la carte de C.Monnard. Mais avec les méthodes de publication de Bardoux, il est impossible de fixer exactement la date d'une lettre, lorsqu'elle lui a passé par les mains.
J'ai tant de choses à écrire que je ne commencerai les Mémoires que dans trois ou quatre jours. Mille choses à Adrien et à madame Adrienne.
Voici une petite carte que j'ai trouvée après votre départ; elle vous plaira. La phrase est mal citée, mais elle est d'un homme de goût et d'esprit, je ne sais qui il est. Voici cette carte :
« Il faut que la gloire soit quelque chose de bien réel, puisqu'elle émeut si profondément celui qui n'en est que le témoin.
« Signé : G. Moxnard.
« 7 septembre » *
'229 Novembre 1814.
A la duchesse de Duras.
Me voilà encore dans ma vallée ! Pourquoi Tai-je quittée? J'ai cru que je mourrais de tristesse en regardant les coteaux et les cimes des arbres, déjà à demi dépouillés. Voilà qu'il me passa par la tête tout ce que j'avais fait et senti ici. Je songeais à ces longs jours qui s'écoulaient dans l'espoir d'aller voir un instant Nathalie seule aussi dans sa belle vallée . Combien de fois mon imagination avait franchi les bois, pour voyager toujours sur le même chemin ! Je me voyais partant, revenant, allant menfermer dans ma tour pour rêver à elle et aux 3/ar/i/rs, persécuté par le t^Tan, glorieux de sa haine, rêvant de grands ouvrages au milieu des menaces, amoureux, inspiré, malheureux et content ! Aujourd'hui, ambassadeur de Suède! La belle fin î Quitter tout, travail, songes et le reste ! Pauvre vallée, quand reviendrai-je? Peut-être jamais. Que je suis vieux ! Que tout cela est loin de moi ! Je ne vis plus ; le reste n'en vaut pas la peine. J'aurais dû mourir le jour de Ventrée du roi à Paris.