‹ Correspondance généraleChapitre 148 sur 181 · Pallain dit mars 18^4 par erreur · texte numérisé non relu

Pallain dit mars 18^4 par erreur

Noailles, j'étais au moment de vous envoyer un courrier. Je n'entrerai dans aucun détail. Vous saurez par le voyageur toutes nos misères. Je vous dirai seulement, mon prince, que j'ai remis hier une note qu'on m'avait demandée. Dans cette note, je propose deux choses : de mettre M. le duc d'Orléans à la tête de l'armée, et vous, mon prince, à la tête d'un ministère solidaire. Le ministère serait choisi par vous entre les hommes éclatants qui présentent un nom à l'Europe et des garanties à toutes les opinions ; une douzaine d'articles contiennent les développements de ce projet. Je sais ce qu'il y a à dire contre la nomination d'un chef principal ou d'un généralissime des armées ; mais aux grands maux les grands remèdes, et nous ne sommes plus au temps des demi-partis ; nous sauvons une couronne, et cela mérite la peine de bien jouer. Quant à la seconde base du projet, elle est trop naturelle pour n'être pas adoptée. Mais si vous ne vous hâtez d'arriver pour déterminer les choix et commander les mesures, il est à craindre qu'on ne fasse encore quelque chose d'incomplet. Venez donc vite, mon prince, et croyez que je suis avec reconnaissance, dévouement et respect, de votre Altesse,

Le très humble et très obéissant serviteur. Le vicomte de Chateaubriand.

J'ai eu l'honneur de vous écrire précédemment que le Roi m'avait appelé à son conseil, et qu'il m'avait chargé de lui faire des rapports sur V intérieur. J'aurais d'après cela quelque droit à ce ministère ; mais, mon prince, mes prétentions sont subordonnées aux intérêts du Roi et de la patrie, ainsi qu'à vos vues et vos projets. 1

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