Bardoux Laduchesse de Duras^ p
'254 17 juillet [1816J.
Son ouvrage la Monarchie selon la Charte est presque achevé ; il croit, en le publiant, « rendre un service immense à la France; l'empêcher peut-être de périr ; il fallait tout dire pour faire quelque chose digne de ses autres sacrifices».
i< 11 n'a jamais, déclare-t-il, prêché un langage plus élevé et dit des vérités plus nobles sous tous les rapports, en réclamant à la fois la religion, la liberté, la morale et la justice, en dévoilant tous les faux systèmes, en montrant pourquoi on nous a perdus, pourquoi on nous perd, et pourquoi on nous perdra. »
11 ne cache pas qu'il court le risque de se briser et il se compare même à Décius, mais Décius était jeune et quant à lui, Chateaubriand « ses cheveux blancs » commencent à le rendre timide.
(( Si j'étais, ajoute-t-il, dans une autre position de fortune, mon parti serait bientôt pris ; je publierais mon ouvrage et le même jour je partirais pour l'Italie. Ce serait mon testament et mes adieux à la France. Ils verraient qu'aucun intérêt personnel ne méfait parler, puisque je m'éloignerais d'euii? et ne leur demanderais rien.
« Val-du-Loup, 17 juillet. » *
'255 [Été 1816.]
A la duchesse de Duras.
Votre billet m'arrive de Bourbonne trois jours après le départ de la lettre que je vous ai écrite à Bourbonne. J'en avais adressé une autre poste restante à Lyon. Elle ne vous y aura pas trouvée
1. Analysée ainsi par Bardoux dans son ouvrage sur La duchesse de Duras, p. 193.
ou plutôt elle se sera perdue. Dans ces derniers temps les correspondances ont été très irrégulières et très interrompues. Tout le monde s en plaint et Ton connaît la cause de ces irrégularités. Je suis désolé de vous voir toujours si triste et si découragée. Je donnerais tout au monde pour vous voir reprendre à la joie et à vos amis. Je ne sais que vous dire de peur de vous impatienter, mais je suis toujours convaincu que vous sortirez de cet état de langueur et que vous reviendrez à la vie comme à tout le reste. Je suis à la Vallée d'où je viens deux fois par semaine à Paris pour \^ covmmssioii àe y Instruction publique. Cette commission aura fini son travail mardi prochain. Ainsi, je serai en repos pendant quelque temps. Je ne fais aucun plan pour l'avenir. Je vous attends, j'attends les événements. J'ai bien peur pour cette malheureuse ^ qui est bien plus malade que vous, et qui est tuée par les médecins appelés à la guérir.
Bonjour ; si mon tendre et sincère attachement était un remède de quelle bonne et florissante santé vous jouiriez pour le reste de vos jours! -
956 Paris, 18 août 1816.
A M. Loschhutchen, à Cologne. ^
'257 22 août 1816.
Au duc de Feltre ministre de la guerre.
Paris, 22 août 1816.
Un monsieur Bail, inspecteur aux revues, a fait une brochure contre moi. Il a pour ce fait, dit-il, perdu sa place. Oserais-je,
1. Nathalie de Noailles, duchesse de Mouchy, d'après Tabbé Pailhès.