‹ Correspondance généraleChapitre 163 sur 181 · SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT

^* [Vers le 15 mars 1790.]

A M. de la Morandais. '

4, près de la rue de Gléry.

[Je suis] 2, Monsieur, a faire mais arrangements sans perte a paris, ou je suis encore. Vous allez trouver, a la suitte,le montant <ies paires et le nombre que j'en veux la somme au lieu d'être de ^000 livres, comme nous étions convenus, n'est que de 4000 quelques livres, mais je vais vous prier de m'écouter sérieusement, et de me répondre poste pour poste à la réception de ma lettre par ceque vous me metteriez, par vingt-quatres heures de retardement, dans le plus grand embaras. J'ai ici une dettes d'honneur, qu'il me faut acquitter sous peine, comme vous le savez, «d'être deshonoré et de me brûler la cervelle sur le champs. Cette dette tombe le 25 de mars, il faut donc que vous ayez la bonté -d'écrire sur le champs a votre manufacture, de me faire passer la marchandise dont nous sommes convenus et nombrées cy dessous, vous voudrez bien aussi me répondre incessamment et m'accuiser la réception de cette lettre ; et si vous avez eu la complai- -sance d'agir sur le champs par ceque si vous aviez changé de -sentiments, ce que je ne crois assurément pas, je n'ai, comme vous le voyez pas une minute a perdre pour trouver la somme, où il y va de mon état de mon honneur et peut-être de ma vie. Aussitôt que vous m'aurez répondu a cette lettre je vous ferai passer une quittance, pareille à celle dont vous m'avez laissé le modèle ou l'intérêt sera payable à votre volonté, a datter du jour

1 . Pierre-Félix de la Morandais, né à Combourg le 18 mai 1779, était le •cousin au Huitième degré de Chateaubriand.

2. Les mots entre crochets sont ceux qui manquent par suite de déchirure, mais auxquels il a été facile de suppléer : les blancs indiouont au -contraire ceux que Ton n'a pu deviner.

de la réception de la marchandise, soit à paris combourg ou fougerres."

Vous ferez parvenir les bas à M. ^ M. le Gh*''" de Cha-

teaubriand (officier au régiment de Navare) infanterie petite rue- Saint Roch, n** 4, près de la rue de Clerry. Je vous demanderai aussi quelqu'instuctions sur les droits d'entrées, en aurais-je a» payer ? Seront-ils chers ? en disant que ce sont des bas pour le compte du Roi pour mon régiment éviterais-je les droits ? au reste toute les questions ne signifient pas grands choses, car lesdroits seront assurément peu considérables et je passerai par la dessus .

Encore une fois mon cher monsieur tirez moi d'inquiétude en m'accusant la réception de cette lettre aussitôt que vous la recevrez.

Voici ce qu'il y a de plus nouveau ici. C'est la fameuse affaire des colonies [qui a été jugée à l'assemblée nationale -, elle a décrété que les colonies étaient maitresses de se faire la constitution que bon leur sembleroit. aussi on a parlé ni des nègres ni de rien et voilà les colons bien heureux qui vont faire tous cequi voudront pour leur fortune c'est un beau pays maintenant ài habitter. vous qui êtes en Suisse vous jouissez de la paix et de lai nature tandis que nous autre habitants de la france nous sommesencore plongés dans le cahos. A dieu je suis celui qui toujoursprêt à vous rendre tous les services qui dépendront de lui comme breton et ami.

Je vous dirai comme vous vous intéressez à moi que je toucheau moment d'avoir une bonne place aux isles si je réussis et quevous vouliez me confier votre frère jepourrroisl'y avancer ouluii procurer des moyens de fortune.

Le Ch'«^' DE Chateaubriand, Off'^*" DE Navare.

[ 1. Mot illisible.

Page 1