Communication de M. le comte Boulay de la Meurthe
5/* [27 mars 1803.]
A un ministre.
Paris, 6 germinal an XI.
Il recommande la lettre de l'évêque de Quimper. « Si vous pouviez lui rendre quelque service, tous les bons bretons, comme moi, vous en aurons une extrême reconnaissance. Je suis maintenant enfermé rigoureusement par mon travail qui approche de sa lîn. » 1
S5^ [21 août 1803. J
Au cardinal Consalvi.
Rome, le 3 fructidor an 11.
Eminentissime, J'ai l'honneur de vous faire passer de la part du ministre une pétition de MM. Férand et Gion qui vous est adresée :
Une autre pétition du chargé de procuration de M. M. Asda et [Bœlener] adressée à M»'^" le Cardinal Fesch.
En outre, une réclamation de Christophe Vincent, pour obtenir réparation d'une insulte qu'il prétend lui avoir été faite. J'ai l'honneur de vous saleur {sic) respectueusement.
Chateaubriand.
r Eminentissime Secrétaire d'Etat. ^
1. Fiche d'un catalogue d'autographes, communiquée par M. Charavay.
2. Papiers du cardinal Fesch (liasse n° 30), autrefois aux Archives de rArchevêché de Lyon, aujourd'hui aux Archives du Rhône. — Communication de M. André Beaunier.
S6S [Premiers mois de 1809.
A la duchesse de Duras.
Ce dimanche.
II y a environ huit jours que j'eus l'honneur de chercher Aladame Amédéc de Duras, dans tous les hôtels de la rue de Varennes. Je crains hien de m'être trompé, et d'avoir laissé ma carte chez m''*" de Duras la mère à qui ma visite aura paru fort extraordinaire. Madame Amédée se souvient-elle encore de mon nom ? et voudroit-elle me permettre d'aller aujourd'hui ou demain, ou un autre jour, lui présenter mes respectueux hommages ?
DE CllATKALimiAND.*
/6'^» 11 avril [1809].
A la duchesse de Duras.
Je suis désolé. Madame, il me sera impossible d'aller vous faire ma cour mercredi au soir, comme je m'en étois flatté. Mais, Madame, j'ai osé vous faire tant de questions, hier, chez M*^® de Lascases qu'une nouvelle indiscrétion ne peut guère me compromettre davantage auprès de vous. Voulez- vous donc. Madame, me donner à déjeûner cette semaine, tel jour qui vous plaira ? Demain, par exemple, vous conviendroit-il ? Je vous demande
1. Publié incomplètement par nous, p. 236, d'après Bardoux La duchenste tïe Duras, p. 98. — Texte revisé sur l'original autographe. — Archives du «hâteau de Maucreux.
un million d'excuses pour cette franchise un peu sauvage, et jevous prie d'agréer mes hommages respectueux.
DE Chateaubriand.
Ce lundi, 11 avril.
A Madame de Duras Hôtel de la Rochefoucault rue de Varennes Paris. 1
A la duchesse de Duras.
Vous êtes trop aimable, Madame, j'ai réellement peur de ces. visages inconnus. Je suis si sauvage que je n'ose répondre de mon. humeur. Autant je serois heureux de passer auprès de vous les, momens que vous voudriez bien m'accorder, autant je serois^ désolé de troubler votre société par une mine silencieuse et allongée. Le soir surtout, je ne &uis point de ce monde. Je vous avois,. je crois, demandé à déjeûner autrefois ? Gela peut-il vous convenir ? Quand et comment ? Je laisse absolument cela à votre volonté. Disposez entièrement de moi, Madame, et recevez mesexcuses pour ce soir avec la grâce et Findulgence que vous mettez à juger mes barbouillages^
DE Gii.
A mercredi.-
t. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.
2. Publié incomplètement par nous, pp. 236-237, d'après Bardoux La> Duchesse de Duras, p. 100. — Texte re-visé sur l'original autographe. — Archives du château de Maucreux..
A la duchesse de Duras.
J'aurai l'honneur de déjeuner demain chez Madame de Durasu Mais je la supplie de me traiter avec moins de cérémonie. Une tasse de thé me suffît. Je se rois charmé d'accompagner M**" de Duras chez [ ] mais je lui dirai la raison qui m'empêche de
me présenter chez [lui]. Je suis trop heureux quand M'^*' de Duras veut bien me fournir le plus petit prétexte de mes visites.
Respectueux hommages.
DE Ch.
Ce dimanche.
A Madame Madame de Duras. ^
iW^ [1809]
A la duchesse de Duras.
Je ne sais, Madame, si le Monsieur qui a trouvé du souverain dans mon écriture, y a découvert aussi une inclination bien peu royale, un penchant décidé à la curiosité. Je meurs d'impatience de savoir à quelle condition la lettre d'Henri IV me restera. Je songe que je ne puis vous voir aujourd'hui ; que demain je ne vous verrai qu'au milieu du monde ; que jeudi je vais à la Vallée. Voyez, combien de jours je passerai dans les rêves et les conjectures ? Est-ce que ce secret ne peut s'écrire ? Ayez un peu
\. Publié incomplètement par nous, p. 237, d'après Bardoux La Duchesse de Duras^ p. 100. — Texte revisé sur l'original autograpiic. — Arcinves du château de Maucreux.
pitié de ma faiblesse. Toutefois si vous voulez encore m'éprouver, j'aurai toujours eu aujourd'hui le plaisir de causer un moment avec vous, et de vous dire combien je suis heureux d'avoir fait une si aimable connaissance.
Dévouement sans bornes. * A mardi. -
A la duchesse de Duras.
Mille et mille fois trop de bontés, Madame, je ne dîne pas chez moi, j'aurai l'honneur de vous rejoindre au spectacle, si je puis échapper assez tôt à l'ennui de ce maudit dîner. M. de Noailles a bien voulu m'envoyer un billet. Quel plaisir de passer quelques heures avec deux personnes que j'aime, estime, honore et respecte si sincèrement.
Dimanche.
A Madame A. de Duras
^S rue de Varenne. ^
A la duchesse de Duras.
Vous voilà. Madame, dans la nécessité de ni écrire voire secret. Votre petite Lady m'a donné son mal et je souffre des dents de manière à n'oser sortir le soir. 11 faut bien que je me guérisse