‹ Correspondance généraleChapitre 171 sur 181 · La lettre est déchirée à cet endroit · texte numérisé non relu

La lettre est déchirée à cet endroit

3. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

i79 Jeudi 29 [mars ISlOj.

A la duchesse de Duras.

Jeudi 29.

Puisque vous voulez bien, Madame, me permettre de vous donner le nom de sœur, je dois, en frère aftectionné, tenir ma parole et vous rendre compte de la manière dont je passe ma vie depuis que je vous ai quittée. Depuis deux jour s que je suis arrivé, voilà la première fois que je m'assieds dans le salon et que je prends ma plume pour écrire. J'ai [fait] * deux cents fois le tour de cette pelite vallée que vous avez daigné visiter, et j'aime [tant] ^ mes arbres, mes ouvriers, que je ne puis les perdre de vue un moment. Quel dommage que ce plaisir soit si cher ! Si j'étois riche, il est bien clair que mon rôle seroit fini dans la vie, et que je deviendrois un gentleman f armer dans toute la force du mot. J'ai en horreur les livres, la gloriole et toutes les sottises du monde. Une amitié tendre et surtout sans orages, la retraite et l'oubli le plus absolu, satisferoient à tous mes goûts comme à tous mes besoins. — Je mets au nombre des grands dédommagemens des peines de ma vie passée, le bonheur d'avoir rencontré my goodsisterdans mes vieux jours. 11 est si rare de trouver aujourd'hui des âmes nobles qu'on ne sauroit trop s'y rattacher, quand, par hasard, le ciel vous les envoyé.

J'ai bien peur d'arriver trop tard samedi à Paris pour avoir l'honneur de vous voir et vous prier de me présenter à M. de Duras. '^ Je prévois pourtant que je pourrois bien partir d'ici une heure, et alors je passerois à votre porte avant diner. Tout ce que vous m'avez dit des sentiments de M. de Duras me fait désirer vivement de le connoître. Je serois bien heureux, s'il consen-

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