‹ Correspondance généraleChapitre 172 sur 181 · Dans tous les cas barré sur l'original · texte numérisé non relu

Dans tous les cas barré sur l'original

toit à visiter ma vallée aux nouvelles feuilles. Je pourrois voir aussi quelque jour le Château de la Belle Cousine bien mieux habité à prisent par une sœur digne de tous les respects et de tous les hommages des chevaliers.

Veuillez me mettre aux pieds de ma passion, de la cruelle Clara. J'aurois bien mieux fait de m' attacher à Félicie, mais on ne peut fuir sa destinée.

Val de Loup jeudi soir 29. *

A la duchesse de Duras.

Chère sœur. Soyez tranquille, vous avez du recevoir une lettre de moi. Mon itinéraire va son train ; on me laisse tranquille, après avoir eu l'envie de me tracasser, et je vois même qu'on est content et que l'on dit que l'ouvrage est français. Si cela veut dire qu'il respire l'amour de la France cela est vrai. Tout ce que j'aime en mettant ma sœur au premier rang, n'est-il pas en France.

Mais je vis dans de tels embarras de travail et de position particulière que j'en suis accablé. Je ne quitte pas un moment la plume. Je griffonne tant que le jour dure, et la nuit j'écris à des créanciers, à des libraires, et pardonnez donc chère sœur, si je ne vous barbouille qu'un mot. Quand je serai un peu plus libre vous aurez de longues lettres, mais vous allez j'espère bientôt venir.

Je vous écris sur le papier de l'Itinéraire n'en ayant pas

I. Public incomplètement par nous, pp. 246-247, d'après Bardoux La ^lucliesse de Duras, p. 101. — Texte revisé sur l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

d'autres. C'est l'histoire du livre de M'' de Staël qui donne lieu aux bruits répandus sur l'Itinéraire.

Mille tendres respects.

Val de Loup. Vendredi

Madame Madame Amédée de Duras Usse Azay le Rideau

Indre et LoireA

iSf^ [1810]'^

Âla duchesse de Duras.

Ma sœur est bien aimable de me prêcher. J'en ai grand besoin, et je ne sais quand la raison me viendra, mais jusqu'à présent, je ne l'ai pas encore vue. Je suis toujours triste et inquiet. Vous aurez appris l'accident arrivé à ce pauvre Alexandre, et la mort de sa petite fille qui s'est jetée par la fenêtre. Cela a ramené la famille à Paris. Ils ont tous quitté Méréville. Ils sont malheureux, malades, et cela m'afflige. D'un autre côté, le travail me fait mal, et j'ai un tel dégoût des lettres et des gens de lettres que ce n'est qu'avec une répugnance extrême que je me vois forcé de publier quelque chose de nouveau. Je suis pourtant assez content de mon barbouillage... C'est tout juste ce que vous voulez, des mémoires plutôt qu'un voyage. Je parle de moi comme une véritable pie d'un bout à l'autre du manuscrit; j'ai précisément rétabli le passage que vous regrettiez. Vous me devinez ou je vous devine. Je voudrois bien deviner surtout ce qui pourroit vous

1. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

2. Aucune date sur l'original, etcontrairement àBardoux qui date 20 septembre.

rendre heureuse : vous l'auriez sur le champ si j'y pouvois quelque chose.

Je suis inquiet encore et vous vous figurez bien pourquoi. Vous voyez que ce que j'avois prévu arrive, on ne me laisse pas tranquille et je crains que cela ne produise un* effet quelconque. Cela me jetterait dans un cruel embarras. Mais je compte encore sur mon étoile. Et puis le pis de tout cela seroit de vendre la Vallée et de m'en aller une bonne fois pour toutes pour n'en avoir plus l'envie trois fois par jour.

Vos lettres me font grand plaisir ; et je vous le prouve par mes réponses. Je vous écris comme à ma véritable sœur, sans réserve, et tout ce qui vient au bout de ma plume. Je vous ai plaint sincèrement quand j'ai appris la mort de cette pauvre femme à Azay et cette pauvre Gydonie ! que je me reproche de n'avoir peut-être pas été assez poli pour elle !

Bon jour, chère sœur. Je retourne à V Itinéraire. Je suis à présent au moment de quitter VAtiique, assis au cap Sunium, par une nuit superbe. J'aimerais mieux être assis auprès de ma sœur, à sa petite table à thé, avec mes deux petites compagnes. ^ Gomment se portent-elles? Et M. de Duras?

Oui, j'ai toujours le dessein de transformer la bibliothèque en chapelle. -

i8i' 9 [juillet 1810].

Val de Loup, le lundi 9.

La nécessité de clore mon arrangement m'a empêché de répondre aussi vite que je l'aurais voulu à mon aimable sœur.

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