‹ Correspondance généraleChapitre 174 sur 181 · Un mot illisible · texte numérisé non relu

Un mot illisible

2. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

mée pour devenir un homme du monde et m'en aller visitant le genre humain ? Je le voudrois que je ne le pourrois pas; on ne force pas la nature. Je poussel'incurie jusqu'à ne pas répondre aux trois quarts des lettres d'admiration que je reçois, et je suis sûr que cela me fait une multitude d'ennemis de gens qui seroient mes chevaliers. Mais qu'y faire ? Si j'avais ma sœur pour secrétaire, cela s'arrangeroit .

Tout n'est pas fini pour Hoff... Je vais être attaqué, dit-on, sous une autre forme. Il y a un certain M. Aymé Martin qui m'a pris pour modèle, bien malheureusement pour lui. On va lui tomber sur le [dos] et à propos de lui tomber sur le chef de V école ; ainsi faites bonne contenance. La rage est à son comble ; et c'est la lecture du discours qui a mis le feu partout. Bon jour, chère sœur, venez vite ! Combien ce que vous me dites de vos affaires me tourmente ? Je vais écrire un mot à votre rivale. Elle a été si bonne dans l'affaire du contrat que j'en serai reconnaissant toute ma vie. Je lui envoie quelque chose pour son frère, à propos de M**^ Béranger ? Qu'en dites- vous ? N'est-ce pas se tirer d'affaires comme la Mère des Gracques ? Vous verrez que cela ne finira plus. Quelle pitié ! Toutes les fois qu'on me parle d'un baptême ou d'un mariage, j'ai envie de pleurer.

Que voulez-vous dire par cette phrase en parlant de l'histoire ? à présent que fai le projet de n y plus prétendre. L'histoire n'empêchera [pas] les mémoires. Vous aurez cet hyver un volume de la 1^^"^ et quelques livres des seconds. Les vers m'ont rendu la prose facile. La tragédie est un petit chef d' œuvre, vraiment elle est venue en perfection — N'est-ce pas là la phrase des nourrices ?

A Madame Madame Amédée de Duras Indre à Ussé

et Par Azay-le-Rideau. ^

Loire

1. Lettre publiée incomplètement par nous, page 259, d'après Bardoux La duchesse de Duras, p. 115. — Texte revisé sur l'original autographe. — Archives du châleau de Maucreux.

i9S^ 12 novembre J811.

A la duchesse de Duras.

Paris. Lundi 12 novembre 18H.

Chère sœur je ne suis pas encore parti pour Lonné. Je partirai peut-être jeudi, j'espère trouvé [sic) une lettre de vous en arrivant. J'ai été retenu par de petites tracasseries déménage. On me trouve trop taciturne et on voudroit que je parlasse davantage. Vous savez bien qu'on ne fait pas parler les muets ni entendre les sourds. Tout s'arrangera. D'ailleurs comme il plaira à Dieu. Je ne puis vous écrire qu'un mot. Tendresses et dévouement sans bornes.

A Madame

Madame Amédée de Duras à Ussé Indre et Loire

par Azay-le-Rideau . *

i94 Vendredi 22 [novembre 1811 j.

A la duchesse de Duras.

J ai reçu votre lettre, chère sœur, et celle que vous m'aviez écrite à Lonné et que M''*' d'Org. m'a renvoyée. Je vous ai écrit de Paris à peu près tous les détails de mon affaire. Je suis maintenant fort tranquille dans ma Vallée. J'espère que tout est fini, et fini comme vous le voyez, comme le désiroit ! Ainsi tout est bien. Ne parlons plus de cela. Mais vraiment j'aurois été bien

1. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

tenté de passer par La Flèche si j'étois allé à Bellesme. Le ciel ne l'a point voulu, et pour parler comme Virgile que vous lisez : Diis aliter visum. Vous me menacez de ne pas venir à Paris ? Et si je vous fesois la même menace ? et si nous allions tous deux en nous menaçant rester tous deux dans notre coin ou venir tous deux à Paris ? Je suis homme à tout faire. Qu'est-ce donc que votre grand sermon sur Ad^ M*^^ de N... et M^^ de B... m'en écrivent autant. Est-ce que vous vous êtes donné le mot ? Je l'ai vu. Je reconnois toutes ses bonnes qualités ; je lui suis très dévoué ; très reconnaissant. Il doit venir me voir la semaine prochaine. Que voulez-vous donc de plus ! Après cela, il me refroidit un peu parce qu'il a pour moi une si grande chaleur que j'ai toute la peine du monde à y croire. Gela est peut-être bizarre de ma part, mais cela est ainsi. Je m'accoutumerai à [ ] ^ trop

aimable, alors je serai tout à fait à lui.

Vous croyez donc connoitre le sujet de la tragédie ? Je crois en effet vous Tavoir conté. J'aurai deux actes en vers et trois en prose. Le troisième sera bientôt terminé en vers. J'ai retrouvé ma première lyre dont je me suis servi longtemps avant d'avoir écrit en prose. Je suis fort content ; j'ai des chœurs. C'est de la Bible toute pure, toute grande, toute noble comme Athalie, à Racine près.

Bonjour, chère sœur. Ecrivez-moi, aimez-moi. Je le mérite par mon attachement toujours plus vif et plus profond.

Vendredi 22. 2

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