‹ Correspondance généraleChapitre 24 sur 181 · Archives deBroglie. — ^ Paul Gautier op. cit., p · texte numérisé non relu

Archives deBroglie. — ^ Paul Gautier op. cit., p

SS [12 juillet! 801. J

A Madame de Staël.

23 messidor.

Je ne croyais pas, madame, mériter les reproches obligeans que vous voulez bien me faire. Je suis toujours votre sauvage Francis, et Auguste est toujours mon fils. Il serait en vérité difficile de ne pas vous aimer après tous les services que vous m'avez rendus et tant de choses aimables que vous m'avez dites.

Vous croyez que j'ai un caractère qui me rend malheureux ? Je n'en sais rien, mais je sais bien que je n'oublie pas ceux qui sont assez bons pour prendre quelque intérêt à moi. Inquiet, ridicule, bizarre comme je le suis, il y a tant de mérite à m'aimer un peu, que je ne saurais trop en marquer de reconnaissance.

Je viens de m'enfermèr plus que jamais à la campagne. ^ Mes affaires ne finissent point, et pour mettre un peu de repos dans mes idées, j'ai pris le parti de travailler à mon grand ouvrage. Si toutes choses s'arrangent, il paraîtra au mois de décembre prochain. Je vais y consacrer tout mon temps et toutes mes études.

J'espère, madame, que vous travaillez dans vos montagnes. Le beau roman n'est pas abandonné. 2 Nous vous attendons tous avec impatience. Vous reviendrez riche de vos rêveries dans la solitude, et (pardonnez) peut-être un peu plus relief ieuse ; la voix qu'on entend au désert a fait plus d'un miracle de ce genre. Mille choses à mon fils ; ^ à quel chant d'Homère en est-il ?

Francis.

A Madame de Staël,

à Copet^par Genève.^

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