AUX RÉDACTEURS DU JOURNAL
Citoyens, le passage de mon article sur l'Angleterre cité dans votre journal du 15 de ce mois est imprimé depuis un an dans un ouvrage qui paraîtra bientôt et que plusieurs de mes amis connaissent. Ainsi ce passage ne peut, en aucune manière, regarder les critiques d'Attala,- Au surplus, mon usage n'a jamais été (et ne sera jamais) d'attaquer personne indirectement.
Ghateaubriant. 3
1. M. Joseph Girardin en publiant celte lettre dans les Annales Romantiques d'août-septembre 1904 la faisait précéder de la note que voici :
Le 16 messidor an IX (5 juillet 1801), Chateaubriand fit paraître dans le Mercure un article qui avait pour titre : De V Angleterre et des Anglais, Il y disait entre autres choses :
(( En Angleterre, on hait un homme pour un vice, pour une offense. En France, un pareil motif n'est pas nécessaire... Un succès suffit. Une haine qui se forme de mille détails honteux n'est pas moins implacable que celle qui naît d'une plus noble cause : elle est d'une basse origine, elle sent cette bassesse et cela la rend furieuse... »
Une lettre, publiée par le Journal de Paris le 3 thermidor an IX (22 juillet 1801), insinua que Chateaubriand, dans ce passage, visait les critiques qui avaient attaqué Atala. L'auteur de cette lettre, qui est un partisan de Morellet, signe G**. (Serait-ce Ginguené ?)
La réponse de Chateaubriand ne se fit pas attendre ; deux jours plus tard, on lisait dans le Journal de Paris la lettre que nous donnons ici.