‹ Correspondance généraleChapitre 30 sur 181 · Sic · texte numérisé non relu

Sic

solitude. Mais enfin il faut en finir. Résolu que je suis de jeter là le métier d'homme de lettres, du moins pour longtemps, je me hâte de sortir de cette galère où je me suis follement embarqué. Planter mes choux, si j'en ai, végéter doucement indifférent à tout, même à moi-même, voilà maintenant le dernier terme de mon ambition. Si le Génie du Christianisme se vend, il doit me rapporter assez d'argent pour acheter la chaumière dont je vous ai parlé. J'aurai des poulets, puis un cochon, puis la vache et le veau.

Je serai heureux, si vos amis les philosophes ne cassent pas mon pot au lait.

Quand vous verra-t-on ? Paris sera brillant. La paix va amener des étrangers, vous vous réjouirez, tant mieux! J'aime qu'on profite de la vie ; j'ai trop perdu la mienne. Quand vous serez lasse du monde, je vous prêcherai les folies de la solitude. Ce sont celles de mon René, que vous ne connaissez pas ; peut-être l'aimerezvous mieux que cette sauvage Atala, un peu grossière à Paris. Vous me dites si vous vous souvenez d'Auguste ? Je vous en ai constamment parlé. Vous ne m'avez jamais répondu sur son compte. Dites-lui combien je l'aime. A Dieu, je vous quitte pour écrire en Angleterre, où l'on me demande un service. May God f/rant you ail your wishes. ^

30 [9 jap^^d'er 1802.] j

A Dulau.

20 prairial.

Il annonce à Dulau, le libraire de Londres, que pour lui payer la dette qu'il a chez lui, 87 livres sterling, il lui enverra 134 exemplaires de son nouvel ouvrage, le Génie du Christianisme, paru au mois d'^ût précédent. « L'ouvrage a beaucoup de succès et même au deîa^de mes espérances. » -

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