Archives de Broglie. — Paul Gautier op. cit., p
Je vous répète ceci, mon cher ami, afin que vous ne vous repentiez pas de votre jugement, en le voyant confirmé par une telle autorité.
Il faut maintenant que vous nous permettiez de réimprimer vos deux articles ; nous vous ferons voir les épreuves. Le même libraire qui a réimprimé vos articles sur M"*'' de St[aël] doit faire cela. Il y aura un petit avertissement de sa façon, et vous serez censé n'être pour rien dans toute l'affaire .
J'attends votre permission, et je vous embrasse tendrement. Ecrivez-moi, rue Saint-Honoré, n^ 85, près la rue Neuve-du- Luxembourg.
Au citoyen Font ânes, Membre du Corps législatif.
Au Plessis-Chamant, près de Senlis Département de VOise. ^
S9 25 septembre [1802].
A l'abbé Nicolas Sylvestre Guillon.
Samedi, 25 septembre.
Je m'empresse, Monsieur, de vous remercier de votre politesse. Le Père Aubry a véritablement quelques traits du Père Jogues. J'avais fait entendre dans ma première préface que c'était un personnage réel. Je lai même cité avec le martyre de plusieurs autres missionnaires dans le livre des Missions (4® vo- [lume] du Génie du Chr[istianisme]).
On a pris pour de beaux mensonges ce qui était d'étonnantes vérités, des miracles de la charité chrétienne. Mais il n'y a que des hommes comme vous. Monsieur, qui sentent les charmes de la vérité toute nue; le reste veut des illusions et des voiles. Vous observez avec un excellent esprit que si j'avais écrit Atala et le
1. Original autographe h la Bibl. de Genève. — Pailhès Chateaubriand, p. 104.
G[énie] du Chr[istianismc\ dans le style ordinaire des apologistes et des théolog-iens, je n'aurais pas trouvé ving-t lecteurs.
Agréez, Monsieur, je vous supplie, mes très humbles salutations.
Chateaubriand.
Au O M. N. S. Guillon
chez le C^ \Le\ Normand^ libraire,
rue des PrêtreS'S[aini]-Germain-VAuxerrois, n^ 42,
à Paris. ^
40 28 septembre 1802.
Au pape Pie VIL
Très Saint-Père, Ignorant si ce faible ouvrage- obtiendrait quelque succès, je n'ai pas osé d'abord le présenter à Votre Sainteté. Maintenant que le suffrage du public semble le rendre digne de vous être ofPert, je prends la liberté de le déposer à vos pieds sacrés.
Si Votre Sainteté daigne jeter les yeux sur le quatrième volume, elle verra les efforts que j'ai faits pour venger les autels et leurs ministres des injures d'une fausse philosophie. Elle y verra mon admiration pour le Saint-Siège et pour le génie des Pontifes qui l'ont occupé. Elle me pardonnera peut-être d'avoir annoncé leur glorieux successeur qui vient de fermer les plaies de l'Église. Heureux si Votre Sainteté agrée l'hommage que j'ai rendu à ses vertus et si mon zèle pour la religion peut me mériter sa bénédiction paternelle.
Je suis, avec le plus profond respect, de Votre Sainteté, le très humble et très obéissant serviteur. De Chateaubriand.
Paris ce 28 septembre 1802. 3
1. Bibliothèque d'Avignon. — Louis Thomas Le^/res inédites de Chateaubriand [Mercure de France, 15 août 1905) et Victor Giraud Sur une Lettre de Chateaubriand [Journal des Débats, 24 février 1906).