Le Génie du Christianisme
3. L'Amateur d'Autographes, J869, p. 37. — Revue des Documents historiques, 1878, p. 51. — Pailhès Chateaubriand, p. 108. — Mémoires d'Outre- Tombe, I], 346, note.
4/ [12 octobre 1802.]
A Lucien Bonaparte.
20 vendémiaire an XI.
On vient de contrefaire à Avignon le Génie du Christianisme ; s'il ne veut être ruiné totalement, il faut qu'il parte h l'instant et dans le plus grand secret pour faire saisir l'édition. Lucien s'étant déclaré le patron de cet ouvrage, il lui demande deux mots de recommandation pour le préfet de Vaucluse, etc. '
42 15 octobre 1802.
A ChênedoUé.
Paris, vendredi, 15 octobre 1802.
Mon cher ami, je pars lundi pour Avignon où je vais saisir, si je puis, une contrefaçon qui me ruine ; je reviens [de] ^ Bordeaux et par la Bretagne. J'irai vous voir à Vire, et je vous ramènerai à Paris où votre présence est absolument nécessaire, si vous voulez enfin entrer dans la carrière diplomatique. Il paraît certain que nous recevrons des ordres pour l'Italie dans les derniers jours de novembre. J'espère vous embrasser vers le 15 de ce même mois ; tenez-vous donc prêt pour cette époque ; je compte sur vous. Dans tous les cas, si le voyage d'Italie venait encore à manquer, vous seriez placé à Paris.
Travaillez- vous, mon cher ami? Voilà la saison favorable. Vous voyez les feuilles tomber. Vous entendez le vent d'automne dans les bois. J'envie votre sort. Dans tout autre temps, le voyage que je vais faire me plairait ; à présent il m'afflige. Ne manquez
1. Collection Charon^ \S^^,n° 123^ et Amateur d'autographeSy i864, p. 60.
2. Tel est le texte que nous donne Sainte-Beuve. Je pense qu'il faut lire: « je revienc/rat par Bordeaux et par... »
pas d'écrire rue Neuve du Luxembourg ^ pendant mon absence, mais ne parlez pas de mon retour par la Bretagne. '^H^e dites pas que vous m'attendez et que je vais vous chercher. Tout cela ne doit être su qu'au moment où l'on nous verra tous les deux. Jusque là Je suis à Avignon et je reviens en droite ligne à Paris. Je ne sais si je pourrai voir La Tresne en passant à Bordeaux ; cela me ferait grand plaisir. Malheureusement, la saison sera bien avancée, et le temps me presse. Si je puis parvenir à tirer quelque chose du contrefacteur du Ge'nie du Christianisme, alors je prendrai la poste et j'irai plus vite que par les diligences. Je pars avec des lettres de Lucien ^, qui me recommande vivement au préfet; j'espère réussir avec de la promptitude et du secret. Adieu donc, mon très cher ami. Si je ne me casse pas le cou, je vous embrasserai chez vous dans un mois. Encore une fois, tenez-vous prêt à partir avec moi pour Paris ; il serait absurde à votre âge et dans votre position de renoncera tout projet d'avancement et de fortune. Je vous embrasse tendrement.
Chateaubriand. ^
43 17 octobre 1802.
Au Révérend Bence Sparrow.
Monsieur,
Votre lettre m'a fait le plus grand plaisir ; il y a longtemps que je désirois d'apprendre de vos nouvelles, Je suis charmé