‹ Correspondance généraleChapitre 47 sur 181 · Sainte-Beuve Chateaubriand et son groupe, I · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve Chateaubriand et son groupe, I

2. D'après l'orig-inal autographe de la Bibliothèque de Lyon (Palais des Arts), ms. 275. 1. f» 248.

7/ [8 juin 1803.]

A ChênedoUé.

Lyon, mercredi 19 prairial, an XL

Je suis toujours à Lyon, mon très-cher ami, et je présume que vous êtes toujours à Paris ; ^ c'est pourquoi j Wvoie cette lettre rue Neuve du Luxembourg. On la mettra à la poste en cas que vous soyez parti pour Vire.

Je n'ai qu'un seul désir et qu'une seule pensée, c'est de vous revoir. Vous sentez qu'ici je ne puis avoir aucune donnée nouvelle ; mais il paraît par tout ce que je vois et tout ce que j'entends que le travail de la légation sera considérable et conséquemment qu'on aura besoin d'une personne de plus. J'y perdrai mon crédit ou cette personne sera vous. Je crois donc ([uevous pouvez faire vos préparatifs pour accompagner /io5 amis ^ cet automne. Votre père doit sentir l'importance d'une position qui peut vous mettre à lieu de réparer le mal que la Révolution a fait à votre fortune.

Comment est toute la petite société ? ou comment l'avez-vous laissée en quittant Paris ? Je vois qu'on ne s'occupe plus que de guerre dans les papiers publics ; ainsi je ne vous demande point comment va la littérature. Les seconds extraits que M. Clausel m'avait promis seront restés là, et cela est tout simple ; ils ne seront bons que pour la troisième édition, qui doit être au moment de paroître. J'ai fait affaire ici avec Ballanche pour une édition in-18. Le petit Gueneau n'a pas apparemment livré son article. 3 Du reste, mon cher ami, les honneurs m accompagnent^ et nos amis communs vous auront dit ce que je leur ai mandé à cet égard. On ne se fait pas d'idée à quel point ma gloire est

i. ChênedoUé passa Thiver de 1802-1803 à Paris, et il resta dans cette ville jusqu'au milieu de l'été.

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