Dans le Mercure de France du 23 juillet
mathématiques, etc. En un mot, si le Mercure avait souvent de pareils articles, mon affaire serait bonne. Mais, vous et Fontanes, vous n'avez point pitié de ma stérile propriété *, qui n'attendait qu'un peu de vos douces rosées pour devenir fertile. Gh. D. ^ me semble tout à fait retombé dans la fréronaille \ P.-^ fait bien, mais la couleur est bien pâle ; l'article politique (aux extravagances près, ce qu'il faut toujours excepter avec Montlosier) est seul intéressant, et il soutiendra peut-être ce triste journal.
Tout a bien changé ici, mon ami, depuis quelque temps. Je suis si malheureux que j'ai écrit à Fontanes et à M*"® Bac... ^ pour les supplier de m'arracher aux honneurs. N^ espérez rien des hommes pour la Religion : il faut maintenant un miracle pour qu'elle ne périsse pas en Europe. Mais au moins je ne veux pas avoir la main dans sa chute, et j'ai demandé mon rappel pour l'année prochaine. Je suis donc décidé, vers le printemps de l'autre année, à passer en .Grèce. J'irai voir Athènes; je m'enfermerai ensuite trois mois avec les moines du mont Athos, pour parler un peu le grec. Je me rendrai à Gonstantinople, d'où je m'embarquerai pour la France. Je serai de retour à Paris pour l'hiver. Là j'exécuterai, si je puis, mon projet de retraite, et je mettrai un terme à tant de voyages, de sottises et d'erreurs, en m'ensevelissant dans quelque hutte, sur le coteau de Marly. J'aurai vu alors tout ce qu'un honnête homme peut à peu près désirer de voir, les déserts américains, les ruines de Rome et de la Grèce, le commencement des mœurs orientales ou asiatiques; j'aurai joui à peu près de tous les succès littéraires qu'un homme peut attendre pendant sa vie, et j'en connoîtrai la valeur ; j'aurai connu un peu les divers états de la vie, les camps et la politique, la cour et la ville, le malheur et ce qu'on appelle la prospérité ; j 'aurai souffert la faim et le froid, et les festins et les salons ; j'aurai su ce que c'est que les peines et les joies du cœur les plus vives. Si je perds