‹ Correspondance généraleChapitre 54 sur 181 · Paul de RaynalLes Correspondants de Joubert^ p · texte numérisé non relu

Paul de RaynalLes Correspondants de Joubert^ p

89 20 octobre 1803.

A Fontanes.

27 vendémiaire an XII.

Je reçois vos lettres, mon cher ami. La poste part et je n'ai que le temps de vous dire que je vous remercie mille fois de vos bons sermons qui sont vraiment d'un ami. Je suis fort bien, et j'ai toujours été fort bien avec le cardinsil personnellement. Mais je suis résolu plus que jamais à quitter tout ce tripotage, et au printemps je m'en irai, je ne demande rien, je ne veux plus rien d'eux. Je ne vous importunerai plus, ni notre protectrice, pour des places, ye nen veux absolument plus. J'ai rempli ici mon sort. Les chefs du clergé doivent être et sont contents de mes efforts. Dès lors que je ne puis pas faire le bien, je me retire. Je puis encore vous dire que je suis très aimé à Rome et qu'il n'en est pas ainsi du cardinal. Si l'ex-ministre * ma dénoncé, j'en suis fâché pour lui, mais je m'attends à tout dans ce monde, et, grâce à Dieu, à présent que j'ai pris la résolution de ne rien être, je me moque des dénonciateurs et des protecteurs. Allons, mon cher ami, reprenez du courage. Pensez à vous. Oubliez-moi comme secrétaire. J'aime et respecte le Consul. S'il me fait mettre au Temple, je le lui pardonnerai de tout mon cœur, parce qu'il est impossible qu'il ne soit pas trompé. S'ils veulent me donner encore un peu plus de gloire, qu'ils me persécutent. Le climat d'Italie m'a guéri de tous mes rhumatismes et je [puis]- passer à présent quelques mois au [cachojt "^ sans de grands inconvénients.

Mille tendres amitiés. Vous devez avoir touché, ou être prêt à toucher mon quartier de vendémiaire. Gardez-le chez vous ; je tirerai une lettre de change sur vous k un mois de date.

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