‹ Correspondance généraleChapitre 58 sur 181 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

A ChênedoUé.

Rome, ce 16 novembre 1803.

Mon dernier billet, mon cher ami, vous annonçoit la mort de M""® de Beaumont, qui a quitté cette triste vie le 4 du mois courant, à Rome. Je vous disois que je vous ferois passer par le prochain courrier le Récit de sa mort. J'ai pensé depuis qu'il vaudroit mieux pour vous d'écrire à Joubert, à Villeneuve-sur- Yonne, ou à M™® de Vintimille, à Paris. Ils vous enverront copie de cette fatale Relation, et vous aurez moins de port à payer que si je vous la faisois passer de Rome.

Mon cher ami, je suis vraiment au désespoir. Je ne sais ce que* devenir ni quel parti prendre. Je suis bien déterminé à quit- Iter Rome, mais le cardinal s'y oppose à présent; et plus on m'a d'abord persécuté injustement, plus on veut maintenant, par des caresses, me retenir ici. Quoi qu'il en soit, je n'irai pas toujours plus loin que mon année, qui finit au mois de mai. Oui, mon cher Ghênedollé, mes déserts vont être maintenant auprès des vôtres. J'appelle la retraite et l'obscurité de toute la force de mes désirs. Il est plus que temps de renoncer à tant de mensonges, à tant de projets que tout renverse et que rien ne peut amener à une fin heureuse. Ecrivez-moi ici; j'ai soif de vos lettres et de votre amitié. — Adieu, adieu. -

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