‹ Correspondance généraleChapitre 60 sur 181 · Archives de Broglie. — Paul Gautier op. cil,, p · texte numérisé non relu

Archives de Broglie. — Paul Gautier op. cil,, p

parler de Rome. Soyez tranquille, ce ne seront point des confessions pénibles pour mes amis : si je suis quelque chose dans l'avenir, mes amis y auront un nom aussi beau que respectable. Je n'entretiendrai pas non plus la postérité du détail de mes faiblesses ; je ne dirai de moi que ce qui est convenable à ma dignité d'homme et, j'ose le dire, à l'élévation de mon cœur. Il ne faut présenter au monde que ce qui est beau ; ce n'est pas mentir à Dieu que de ne découvrir de sa vie que ce qui peut porter nos pareils à des sentiments nobles et généreux. Ce n'est pas qu'au fond j'aie rien à cacher ; je n'ai ni fait chasser une servante pour un ruban volé, ni abandonné mon ami mourant dans une rue, ni déshonoré la femme qui m'a recueilli, ni mis mes bâtards aux Enfants-Trouvés; mais j'ai eu mes faiblesses, mes abattements de cœur : un gémissement sur moi suffira pour faire comprendre au monde ces misères communes, failes pour être laissées derrière le voile. Que gagnerait la société à la reproduction de ces plaies que l'on retrouve partout? On ne manque pas d'exemples, quand on veut triompher de la pauvre nature humaine. ^

iOi 20 décembre [1803].

A Guéneau de Mussy.

20 décembre, 28 frimaire.

Votre lettre, mon jeune ami, m'a fait pleurer ; j'ai été très-sensible aux marques de votre bon cœur dans cette circonstance ', d'autant plus que ma peine est extrême, et que ni vous, ni mes amis de Paris ne peuvent savoir, et peut être ne croiront jamais ce que j'ai souffert ici. Je vous avoue que ce n'est pas une de mes moindres peines de penser que les personnes qui doivent le mieux

1. Paul de Raynal Les Correspondants de Jouberf, p. 195. — M. Victor Giraud a fort habilement commenté cette lettre dans un article de la Revue des Deux Mondes du l*»" avril 1899.

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