C'était comme une vision de splendeur. » Ézéchiel
4. Montaigne décrit ainsi la campagne de Rome, telle qu'elle était il y a environ deux cents ans :
« Nous avions loin, sur notre main gauche, l'Apennin, le prospect du « pays mal plaisant, bossé, plein de profondes fandasses, incapable d'y (( recevoir nulle conduite de gens de guerre en ordonnance : le terroir nu, « sans arbres, une bonne partie stérile, le pays fort ouvert tout autour, et « plus de dix milles à la ronde ; et quasi tout de cette sorte, fort peu peu- « plé de maisons. » [Note de Chateaubriand .)
5. Salut, terre féconde, terre de Saturne, mère des grands hommes.
6. Dans le Mercure : « elles vous désoleront sans doute, mais si... »
vous ne voudriez peut-être pas qu'elles fussent autrement. L'aspect d'un champ de blé ou d'un coteau de vigne ne vous donnerait pas ^ d'aussi fortes émotions que la vue de cette terre dont la culture moderne n'a pas rajeuni le sol, qui est demeurée antique- comme les ruines qui la couvrent.
Rien n'est comparable pour la beauté aux lignes de l'horizon romain, à la douce inclinaison des plans, aux contours suaves et fuyants des montagnes qui le terminent. Souvent les vallées ■dans la campagne prennent la forme d'une arène, d'un cirque, d'un hippodrome ; les coteaux sont taillés en terrasses, comme si^ la main puissante des Romains avait remué toute cette terre Une vapeur particulière, répandue dans les lointains, arrondit les objets et dissimule ^ ce qu'ils pourraient avoir de dur ou de heurté ^ dans leurs formes. Les ombres ne ^ sont jamais lourdes et noires ; il n'y a pas de masses si obscures de rochers et de feuillages, dans lesquelles^ il ne s'insinue toujours un peu de lumière. Une teinte singulièrement harmonieuse marie la terre, le ciel et^ les eaux : toutes les surfaces, au moyen d'une gradation insensible de couleurs, s'unissent par leurs extrémités, sans qu'on puisse déterminer le point où une nuance finit et où l'autre commence. Vous avez sans doute admiré dans les paysages de Claude Lorrain cette lumière qui semble idéale et plus belle que nature ? eh bien, c'est la lumière de Rome !
Je ne me lassais point de voir à la Villa Borghèse le soleil se -coucher sur les cyprès du mont Marins et sur les pins de la Villa