‹ Correspondance généraleChapitre 65 sur 181 · Mercure : « le ciel, les eaux · texte numérisé non relu

Mercure : « le ciel, les eaux

Pamphill, plantés par le Nôtre. J'ai souvent aussi remonté le Tibre à Ponte Mole, pour jouir de cette grande scène de la fin du jour. Les sommets des montagnes de la Sabine apparaissent alors de lapis-lazuli et d'or pâle, tandis que leur base et leurs flancs sont noyés dans une vapeur d'une teinte violette ou purpurine. Quelquefois de beaux nuages comme des chars légers, portés sur le vent du soir avec une grâce inimitable, font comprendre l'apparition des habitants de l'Olympe sous ce ciel mythologique ; quelquefois l'antique Rome semble avoir étendu dans l'occident toute la pourpre de ses Consuls et de ses Césars, sous les derniers pas du dieu du jour. Cette riche décoration ne se retire* pas aussi vite que dans nos climats : lorsque vous croyez que ses teintes vont s'effacer, elle se ranime^ sur quelque autre point de l'horizon ; un crépuscule succède-^ à un crépuscule, et la magie du couchant se prolonge. Il est vrai qu'à cette heure du repos des campagnes, l'air ne retentit plus de chants bucoliques; les bergers n'y sont plus : Dulcia linquimus arva ! mais on voit encore les grandes victimes du Clytumne, des bœufs blancs ou des troupeaux de cavales demi-sauvages, qui descendent au bord du Tibre et viennent s'abreuver dans ses eaux. ^ Vous vous croiriez transporté au temps des vieux Sabins ou au siècle de l'ArcadienEvandre, 7uoly.£V£ç Xaûv ^, alors que le Tibre s'appelait ^ Albula "^5 et que le pieux Enée remonta ses ondes inconnues.

Je conviendrai toutefois que les sites de Naples sont peut-être plus éblouissants que ceux de Rome: lorsque le soleil enflammé, ou que la lune large et rougie, se lève au-dessus du Vésuve, comme un globe lancé par le volcan, la baie de Naples avec ses rivages bordés d'orangers, les montagnes de la Fouille, l'île de

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