‹ Correspondance généraleChapitre 67 sur 181 · Mercure : « charmant mausolée · texte numérisé non relu

Mercure : « charmant mausolée

ou d'Agrippine encore occupée de l'urne de Germanicus. S'il est chrétien, ah ! comment pourra-t-il ^ alors s'arracher de cette terre qui est devenue sa patrie ; de cette terre qui a vu naître un second empire, plus saint dans son berceau, plus grand dans sa puissance que celui qui l'a précédé ; de cette terre où les amis que nous avons perdus, dormant avec les martyrs aux catacombes ^ sous l'œil du Père des fidèles, paraissent devoir se réveiller les premiers dans leur poussière, et semblent plus voisins des cieux?

Quoique Rome, vue intérieurement, offre l'aspect delà plupart*^ des villes européennes, toutefois elle conserve encore un caractère particulier : aucune autre cité ne présente un pareil mélange d'architecture et de ruines, depuis le Panthéon ^ d' Agrippa jusqu'aux murailles ^ de Bélisaire, depuis les monuments apportés d'Alexandriejusqu'au dôme élevé par Michel-Ange. La beauté des femmes est un autre trait distinctif de Rome : elles ^ rappellent par leur port et leur démarche les délie elles Gornélie ; on croirait voir des statues antiques de Junon ou de Pallas, descendues de leur piédestal et se promenant autour de leurs temples. D'une autre part, on retrouve chez les Romains ce ton des chairs auquel les peintres ont donné le nom de couleur historique ^, et qu'ils emploient dans leurs tableaux. 11 est naturel^ que des hommes dont les aïeux ont joué un si grand rôle sur la terre, aient servi de modèle ou de type aux Raphaël et aux Dominiquin, pour représenter les personnages de l'histoire.

Une autre singularité de la ville de Rome, ce sont les troupeaux de chèvres et surtout ces attelages de grands bœufs aux

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