‹ Correspondance généraleChapitre 68 sur 181 · Mercure : « 11 semble naturel · texte numérisé non relu

Mercure : « 11 semble naturel

cornes énormes, couchés* au pied des obélisques égyptiens, parmi les débris du Forum, et sous les arcs où ils passaient autrefois pour conduire le triomphateur romain à ce Gapitole que Gicéron appelle le conseil public de V univers :

Romanos ad templa deum duxere triumphos.

A tous les bruits ordinaires des grandes cités, se mêle ici le bruit des eaux que l'on entend de toutes parts, comme si l'on était auprès des fontaines de Blandusieou d'Egérie. Du haut des collines renfermées -dans l'enceinte de Rome, ou à l'extrémité de plusieurs rues, vous apercevez la campagne en perspective, ce qui mêle la ville et les champs d'une manière pittoresque. ^ En hiver les toits des maisons sont couverts d'herbes, comme les toits de chaume^ de nos paysans. Ces diverses circonstances contribuent à donner à Rome je ne sais quoi de rustique, qui va bien à son histoire ; ses premiers dictateurs conduisaient la charrue ; elle dut l'empire du monde à des laboureurs, et le plus grand de ses poètes ^ ne dédaigna pas d'enseigner l'art d'Hésiode aux enfants de Romulus :

Ascraeumque cano romana per oppida carmen.

Quant au Tibre qui baigne cette grande cité, et qui en partage la gloire, sa destinée est tout à fait bizarre. Il passe dans un coin de Rome comme s'il n'y était pas ; on n'y daigne pas jeter les yeux, on n'en parle jamais, on ne boit pas^ ses eaux, les femmes ne s'en servent pas pour laver ; il se dérobe entre de méchantes maisons qui le cachent, et court se précipiter dans la mer, honteux de s'appeler le Tevere.

i. Mercure : « que l'on trouve couchés. . . »

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