Mercure : « dans leurs premières captivités
Babylone, avaient ' , dans leur dernière dispersion, bâti cet énorme amphithéâtre. Les voûtes qui répétaient les sons de la cloche -chrétienne étaient l'ouvrage- d'un empereur païen marqué dans ies prophéties pour la destruction finale de Jérusalem. Sont-ce là <l'assez hauts sujets de méditation-^, et croyez-vous qu'une ville où <ie pareils sujets se produisent ^ à chaque pas, soit digne d'être vue?
Je suis retourné hier, 9 janvier, au Colisée, pour le voir dans une autre saison, et sous un autre aspect : j'ai été étonné, en iirrivant, de ne point entendre l'aboiement des chiens qui se montraient ordinairement dans les corridors supérieurs de l'amphithéâtre, parmi les herbes sécliées.'* J'ai frappé à la porte de l'ermitage pratiqué dans le cintre d'un loge ; on ne m'a point répondu ; l'ermite est mort. L'inclémence de la saison, l'absence <iu bon solitaire, des chagrins récents ^, ont redoublé pour moi la tristesse de ce lieu; j'ai cru voir les décombres d'un édifice * que j'avais admiré quelques jours auparavant dans toute son intégrité «t toute sa fraîcheur. C'est ainsi, mon très-cher ami, que nous sommes avertis à chaque pas de notre néant; l'homme cherche ^u dehors des raisons pour s'en convaincre ; il va méditer sur les ruines des empires, il oublie qu'il est lui-même^ une ruine encore plus chancelante, et qu'il sera tombé avant ces débris. ^ Ce qui 4ichève de rendre notre vie le songe d\ine ombi'e^^j c'est que nous
t. Mercure : « travaillèrent aux édifices de l'Egypte et de Babylone, avaient aussi. . . »
2. Mercure : « cette énorme enceinte; que le monument sous les voûtes «luquel résonnait cette cloche chrétienne, était l'ouvrage . . . »
3. Mercure : « Sont-ce là, mon cher ami, d'assez hauts sujets de médi- Aations fournis par une seule ruine. . . »