‹ Correspondance généraleChapitre 8 sur 181 · M°»« de Farcy · texte numérisé non relu

M°»« de Farcy

c'était lui qui en avait pétri Targile et qu'il connaissait le fort et le faible de son ouvrage. 11 savait que j'aimais mes parents et que là était ma vanité : il m'en a privé afin que j'élevasse les yeux vers lui. 11 aura désormais avec vous toutes mes pensées. Je dirigerai le peu de forces qu'il m'a données vers sa gloire, certain que je suis que là gît la souveraine beauté et le souverain génie, là où est un Dieu immense qui fait cingler les étoiles sur la mer des cieux comme une flotte magnifique, et qui a placé le cœur de l'honnête homme dans un fort inaccessible aux méchants.

11 faut que je vous parle encore de l'ouvrage auquel vous vous intéressez, i Je ne saurais guère vous en donner une idée à cause de l'extrême variété des tons qui le composent ; mais je puis vous assurer que j'y ai mis tout ce que je puis, car j'ai senti vivement l'intérêt du sujet. Je vous ai déjà marqué que vous y trouveriez ce qu'il y a de mieux dans les Natchez, Puisque je vous ai entretenu de morts et de tombeaux au commencement de cette lettre, je vous citerai quelque chose de mon ouvrage à ce sujet. C'est dans la septième partie où, après avoir passé en revue les tombeaux chez tous les peuples anciens et modernes, j'arrive aux Tombeaux chrétiens. Je parle de cette fausse sagesse qui fit transporter les cendres de nos pères hors de l'enceinte des villes, sous je ne sais quel prétexte de santé ; je dis :

« Un peuple est parvenu au moment de sa dissolution lorsqu'on y entend sans cesse répéter ces maximes horribles : Que m'importe après ma mort où on me jette ; qu'on fasse de mon cadavre ce que l'on voudra ! — Eh ! malheureux ! n'as-tu donc ni Dieu, ni patrie, ni parents, niamis ! Que je te plains d'être insensible aux charmes d'un tombeau sous les arbres qui t'ont vu naître ! Gela fut un spectacle réservé à nos jours que de voir ce qui était regardé comme le plus grand malheur chez les Anciens, ce qui devenait le dernier supplice dont on punissait les scélérats J^nous entendons la dispersion des cendres), que de voir, disonsnous, cette dispersion des cendres applaudie comme le chef-

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