I . Autographe du cabinet de M. de Cambacérès
LETTRE CDLVIII
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS»
11 mai 1697.
Je suis honteuse , monseigneur, de tout ce que vous prenez la peine de m'écrire pour me rassurer. Il est vrai que je crains vivement que M. de Meaux et vous n'alliez pas assez de concert pour le fonds de cette affaire-ci ; mais je suis bien persuadée, monseigneur, qu'on ne peut ni ne doit exiger que M, de Meaux juge M. de Cambrai, puisqu'il s'est toujours expliqué là-dessus. Le roi parla hier à M. de Beauvilliers, selon vos intentions, et le trouva si froid, qu'il n'augura rien de bon de la réponse qu'on lui doit rendre lundi. Le roi s'exprima fortement et fit envisager les suites que tout ceci pourroit avoir. La scène de Saint-Gyr^ va faire un grand bruit et sera
t. Autographe du cabinet de M. de Cambacérès.
2. Le Uyre des Maximes des Saints avait ranimé le quiétisme chez les Dames de Saiut-Cyr. Quand elles \irent des poursuites commencées à Rome contre ce livre, elles furent accablées de douleur, et le témoignèrent si haut, que Tévêque de Chartres demanda à madame de Maintenon d'éloigner de la maison les plus suspectes et les plus opiniâtres. Celle-ci eut beaucouj) de peine à s'y déterminer; mais le roi ayant voulu savoir ce qui s'était passé à Saint- Gyr au sujet du quiétisme, il fallut tout lui dire. Aussitôt il résolut de couper le mal dans le vif, et le 10 mai 1697, deux lejttres de cachet arrivèrent pour les deux dames qui avaient fait le plus d'éclat et montré plus de résistance, mesdames de la Maisonfort et du Tour. Elles furent conduites dans deux couvents à Meaux et à Grenoble. Une troisième, madame de Montaigle, ayant témoigné son indignation de cette persécution, eut le même sort (Voir la Maison royale de Saint-Cyr^ p. 200.)
regardée comme un prélude. Dieu veuille vous éclairer^ fortifier, et consoler, car celle affaire est si affligeanle qu'il n'y a que la soumission à sa volonté qui puisse faire respirer.
J'ai espéré que le mariage proposé se feroit. La demande du gouvernement de Rocroi a tout gâté ou peut-être servi de prétexte. Je suis fort en peine de madame votre mère.
LETTRE CDLIX
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS»
A Marly, i 3 mai i 097.
Le roi me charge, monseigneur, de vous faire lire la réponse de M. Tarchevêque de Cambrai; mais comme vous êtes bien plus capable que moi d'entendre sa lettre, j'ai supplié le roi de consentir à vous la montrer; vous la renverrez s'il vous plaît, en me disant aussi un mot de l'état où est la duchesse de Noailles, qui me donne bien de l'inquiétude, et pour elle et pour vous.
Suit cette lettre de M. de Cambrai au roi :
13 mai 1697.
M. le duc de Beauvilliers m'a parlé de la part de Votre Majesté sur mon livre. Je prends la liberté de lui confirmer ce que j'ai déjà eu l'honneur de lai dire, c'est que je veux de tout mon cœur recom-