LETTRE CV
A M. LE COMTE D'AYEN*
A Saint-Çyr, ce 22 déceaubre 1700.
Vous VOUS éloignez, monsieur le comte, et nous nous en apercevons par ne plus recevoir si souvent de vos lettres. Un esprit et un cœur délicat t^ouv^ roient bien des choses à dire là-dessus, mais elles arriveroienl peut-être mal à propos. Mon expérience à la cour m'a appris que rien n'est plus difficile qoe d'y prendre bien son temps. Je devrois pourtant juger autrement de la vôtre, si la disposition de Thumeur suit l'égalité des occupations. On est étonné ici que vous ne vous aidiez pas de la musique pour passer vos longues soirées^, et que vous ne l'ayez encore entendue qu'à vos messes du matin. Les bouts rimes ont été trouvés beaux et jolis, selon le style des poètes. L'un est dans le sublime, Fautredans la plaisanterie ^, et tous deux ont fort bien réussi. Madame d'Heudicourt ne m'a pas paru moins sensible à la poésie de son fils qu'elle le fut quand M. le cardinal d'Estrées lui donna des espérances que son