‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 80 sur 420 · Autographe du cabinet de M. le duc de Gambacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. le duc de Gambacérès

A M. l'archevêque DE PARIS (4696). 93

mais il me parut, après avoir lu les deux lettres d'un bout à l'autre, qu'il pensoit comme vous^ et qu'il Irouvoit le procédé trop violent, quoique l'abbé ait tort dans le commencement. Il n'est que trop vrai que les ministres n'aiment pas que le roi soit averti par d'autres que par eux-mêmes. Je crois les y accoutumer un peu*; il n'y a sorte d'avis qu'on ne m'adresse, et souvent contre eux, je les donne tous.

Quant à la disposition essentielle, il est vrai qu'elle n'est pas propre à vous contenter, monseigneur, on est pourtant mieux qu'au commencement du carême ; on est ébranlé, mais point touché, par ce qui seul peut faire courir dans la voie. J'espère en la bonté de Dieu et le secours de vos prières.

Ce que je vous ai demandé. Monseigneur, sur cette ordination faite par M. de Perpignan est pour être toujours en état de répondre sur ce qui vous regarde, qui ne m'est pas indifférent.

Oserois-je encore vous demander ce qui s'est passé entre vous et les filles de la Conception par rapport aux ténèbres? Il ne faut pas cacher vos bonnes œuvres, monseigneur, surtout au roi ^.

Est-il possible que vous ne soyez pas assez bien averti de nos voyages, pour faire les vôtres à propos? Je croyois que M. votre frère vous inslruiroit de tout. Nous retournons demain à Versailles et nous

1. La BeaumeUe ajoute : u Ma réputaUon se répare : on me regarde comme la protectrice des malheureux et des opprimés. »

2. La BeaumeUe ajoute : « Ce sera peut-être pour lui un attrait au bien; il aura honte de ne pas soulaj^er son peuple, puisque vous soulagez vos pauvres. »

irons mercredi prochain à Meudon, pour en reyenir le samedi suivant.

M'avez-vous permis de dire au roi ce qtie le bon père vous a conté de leur conversation sur mon sujet, et de ce que le roi dit que je ne lui ferois pas ma cour de n'aimer pas les jésuites? Gela seroit boni placer, quand vous voudrez que je travaille à leur ruine.

M. de Pontcharlrain, ni M. de la Reynie n'approuvent pas une chapelle à Vincennes, mais le roi Ta voulu. Madame Guyon est bien embarrassante.

LETTRE CDVIII

A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS»

30 atril i69d.

Il faut bien se garder, monseigneur, de voir le père Émerique^. Le père de La Chaise a conté au roi qu'il étoit ici; qu'il y est venu sans permission, qu'il a dit que des puissances l'ont mandé, et qu'on le destine à un grand emploi^; qu'au reste, il a été visité à Rome par le cardinal protecteur du jansénisme; qiie le père Emerique est un homme de bien, mais qui pousse la dévotion bien loin. Vous entendrez ce que cela veut dire. Les jésuites nous déclarent la guerre

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