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pourtant, et puis j'ai peur de t'assommer, car il me semble que je répète toujours les mêmes choses (moi aussi je ne suis pas varié); mais de quoi causer, si ce n'est de notre cher souciî
Tu me parles des chauves-souris d'Egypte, qui, & travers leurs ailes grises laissent voir l'azur du ciel; faisons donc comme je faisais ; à travers les hideurs de l'existeuce, contemplons toi^ours le grand bleu de la poësie, qui est au-dessus et qui reste en place, tandis que tout change et tout passe.
Tu commences à trouver un peu vide l'Anglaise. Oui, il y a, je crois, plus de vanité mondaine qu'autre chose là-dedans; je n'aime pas les gens poétiques d'ailleurs, mais les gens poètes, et puis cet hébreu, ce grec, ces vers en deux langues, c'est beaucoup tout cela. Voilà le défaut général du siècle : la diffusion, les petits ruisseaux débordés prennent des airs d'Océan, il ne leur manque qu'une chose pour l'être : la dimension; restons donc rivière et faisons tourner le moulin.
A In m£m«.
Croiaset, jeudi, i heures et demie.
J'arrive de Rouen où j'avais été me faire arracher ime dent (qui n'est pas arrachée); mon dentiste m'a engagé à attendre. Je crois néanmoins que d'ici à peu de jours il faudra me décorner d'un de mes dominos. Je \ieiilis, voilà les dents qui s'en vont, et les cheveux qui bientôt seront en allés. Enfin! pourvu que la cervelle reste, c'est le principal. Comme le néant nous envahit! à peine nés, la pourriture commence sur vous. de sorte que toute la vie n'est qu'un long combat qu'elle nous Uvre et toujours de plus en plus triom-
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CORRESPONDANCE DE G. FLAUBERT. 19t
phaut de sa part j'usqpi'à la conclusion, la mort. Là, elle règne exclusive. Je n'ai eu que deux ou trois années où j'ai été entier (de dix-sept à dix-neuf ans environ). J'étais splendide, je peux le dire maintenant, et assez pour attirer les yeux d'une salle de spectacle entière, comme cela m'est arrivé à Rouen à la première représentation do Ruy Bios. Mais depuis, je me suis furieusement détérioré, il y a des matins où je me fais peur à moi-même, tant j'ai de rides et l'air usé. Ahl c'est dans ce temps-là, pauvre Muse, qu'il fallait venir, mais un tel amourm'eût rendu fou, plus même, imbécile d'orgueil. Si môme je garde en moi un foyer chaud, c'est que j'ai tenu longtemps mes bouches de chaleur fermées. Tout ce que je n'ai pas employé peut servir. 11 me reste assez de cœur pour alimenter toutes mes œuvres. Non, .je ne regrette rien de ma jeunesse. Je m'ennuyais atrocement! Je rêvais le suicide! je me dévorais de toutes espèces de mèlancoUes possibles ; ma maladie de nerfs m'a bien fait, elle a reporté tout cela sur l'élément physique et m'a laissé la tête plus froide, et pms, elle m'a fait connaître de curieux phénomènes psychologiques, dont personne n'a l'idée, ou plutôt que personne n'a sentis. Je m'en vengerai à quelque jour, -en l'utilisant dans un livre {ce roman métaphysique et à apparitions, dont je t'ai parlé); mais comme c'est un sujet qui me fait ptur, sanitairement parlant, il faut attendre, et que je sois loin de ces impressions-là pour pouvoir me les donner facticement, idéalement et dès lors sans danger pour moi ni pour l'œuvrel ^
Voici mon opinion sur ton idée de Revue : Toutes les Revues du monde ont eu l'intentioû d'être vertueuses, aucune ne l'a été; la Revue de Paris ellemême (en projet) avait les idées que tu émets et
19Î COHRESPONDAKCE DE G. FLAUBERT,
était trèa déddée à les suivre. On se jure d'Être chaste, on l'est un jour, deux jours, et puis... et puis... la nature! les considérations secondaires! les amis! les ennemis l ne faut-il pas faire mousser les uns, échiner les autres, j'admets même que pendant quelque temps Ton reste dans le programme, alors le piiblic s'embête, l'abonnement n'arrive pas. Puis on vous donne des conseils en dehors de votre voie ; on les suit par essai «t l'on continue par habitude. Enfin, il n'y a rien de pernicieux comme de pouvoir tout dire et d'avoir un déversoir coDimode : on devient fort indulgent pour soi-même, et les amis, afin que vous le soyez pour eux, le sont pour vous, et voilà comme on ^'enfonce dans le trou, avec la plus grande naïveté du monde. Une Revue modèle serait une belle œuvre et qui ne deman- ■derait pas moins que tout le temps d'un homme de génie; directeur d'une revue devrait être la place d'un patriarche; il faudrait qu'il y fût dictateur avec une grande autorité morale, acquise par des œuvres. Mais
-la communauté n'est' pas possible, parce qu'on tombe <le suite dans le gâchis; on bavarde beaucoup, on dépense tout son talent à faire des ricochets sur la rivière avec de la menue monnaie, tandis qu'avec plus d'économie on aurait pu par la suite acheter de belles fermes et de bohs châteaux.
Ce que ta me dis, Du Camp le disait; vois ce qu'ils ont fait. Ne nous croyons pas plus fort qu'eux, car ils ont failli, comme nous faillirions, par l'enO-olMemetti et ■en vertu de la pente même de la chose. Un journal
.«nfin est une boutique, du moment que c'est une boutique, le livra l'emporte sur les livres, et la question d'achalandage finit tôt ou tard par dominer toutes, les autres. Je sais bien qu'on ne peut publier nulle part & l'heure qu'il est, et que toutes les revues exis-
tantes sont d'infâmes p , qni font les coquettes.
Eh bien ! il faut faire comme tu fais, publier en volume, c'est "plus crâne, et être seul. Qu'est-ce qu'on a besoin de s'atteler au même timon que les autres et d'entrer dans une compagnie d'omoibus, quand on peut rester cheval de tilbury 7 — Quant à moi, je serai fort content si cette idée se réalise ; mais quant à faire partie effectivement de quoi que ce soit en ce bas monde, non I non! et mille fois non! Je ne veux pas plus être membre d'une Revue, d'une société, d'un cercle ou d'une académie, que je ne veux être conseiller municipal ou officier de la garde nationale; et puis U faudrait jujer, être critique; or je trouve cela ignoble en soi et une besogne qu'il faut laisser faire à ceux qui n'en ont pas d'autre.
Le sieur de Lislo me plait, d'après ce que tu m'en dis. J'aime les gens tranchants et énergumènes, on ne fait rien.de grand sans le fanatisme. Le fanatisme est la religion, et les philosophes du xviii' siècle, en criant après l'un, renversaient l'autre. Le fanatisme est la foi, la foi même, la foi ardente, celle qui fait des œuvres et agit. La religion est une conception variable, une affaire d'invention humaine, une idée enfin; l'autre un sentiment. Ce qni a changé sur la terre, ce sont les dogmes, les histoires des Vischnoa, Ormuzd, Jupiter. Mais ce qui n'a pas changé, ce ^ sont les amulettes, les fontaines sacrées, les ex-voto, etc., les brahmanes, les santons, les ermites, la croyance enfin à quelque chose de supérieur à la vie et le besoin de se mettre sous la protection de cette force. Dans l'art aussi c'est le fanatisme de l'art qui est le sentiment artistique. La poésie n'est qu'une manière de percevoir les objets extérieurs, un organe spécial qui tamise la matière et qui, sans Id changer, II. 17
la transfigure. Eh bien, si voue voyez exclusivement le monde avec celte lunette-là, le monde sera teint de sa teinte, et les mots pour exprimer votre sentiment se trouveront dans un rapport fatal avec les faits qui l'auront causé. Il faut, pour bien faire une chose, que cette chose-là rentre dans votre constitution ; nn botaniste ne doit avoir ni les mains, ni les yeux, ni la tête faits comme un astronome, et ne voir les astres que par rapport aux herbes. De cette combinaison de l'inertie et de l'éducation résulte le tact, le trait, le goùl, le jet, entin l'illumination. Que de fois ai-je entendu dire à mon pÈre qu'il devinait des maladies sans savoir pourquoi ni en vertu de quelles raisons. Ainsi le même sentiment qui lui fusait d'instinct conclure le remède doit nous faire tomber sur le mol. On n'arrive à ce degré-là que quand on est né pour le métier d'abord, et ensuite qu'on l'a exercé avec acharnement pendant longtemps.
Nous nous étonnons des bonshommes du siècle de Louis XIV, mais ilsn'étaientpasdes hommes d'énorme génie; on n'a aucun de ces ébahissements, en les lisant, qui vous fassent croire en eux à nne nature plus qu'humaine, comme à la lecture d'Homère, de Rabelais, de Shakespeare surtout, non I mais quelle conscience I comme ils se sont efforcés de trouver pour leurs pensées les expressions justes ! Quel travail ! quelles natures I comme ils se consultaient les , uns les autres, comme ils savaient le latin ! comme ils Usaient lentement! Aussi toute leur idée y est, la forme est pleine, bourrée et garnie de choses jusqu'à la faire craquer. Or il n'y a pas de degrés : ce qui est bon liant ce qui est bon. Lafontaine vivra tout autant que le Dante, et Boileau que Bossuet ou même qu'Hugo.
Nous avons eu jadis un pauvre diable pour domes-
CORRESPONnANCE DE G. FLAUBERT. 495
tique, lequel est maintenant cocher de fiacre (il avait épousé la fille de ce portier dont je t'ai parlé qui a eu le prix Monthyon tandis que sa femme avait été condamnée aux galères pour vol, et c'était lui qui était le voleur etc.)> bref ce malheureux Louis a ou croit avoir le ver sohtaire, il on parle comme d'une personne animée qui lui communique et lui imprime sa volonté, et dans sa bouche il désigne toujours cet être intérieur. Quelquefois des lubies le prennent tout à. coup et il les attribue au ver solitaire : « il veut cela » et de suite Louis obéit. Dernièrement il a voulu manger pour trente sols de brioche; une^utre fois il lui faut du vin blanc, et le lendemain il se révolterait si on lui donnait du vin rouge (textuel). Ce pauvre homme a fini par s'abaisser dans sa propre opinion au rang même du ver solitaire, ils sont égaux et se livrent un combat acharné. « Madame (disait-il à ma bellesœur dernièrement), ce gredin-là m'en veut, c'est un duel, voyez-vous, il méfait marcher, mais je me vengerai. Il faudra qu'un de nous deux reste sur la place. « Eh bien c'est lui, l'homme qui restera sur la place ou plutôt qui la cédera au ver, car pour le tue>- et en finir avec lui, il a dernièrement avalé une bouteille de vitriol, et en ce moment se crève par conséquent. Je ne sais pas si tu sens tout ce qu'il y a de profond dans cette histoire : vois-tu cet homme fmissant par croire à l'existence presque humaine, consciencieuse, de ce qui n'est chez lui peut-être qu'une idée, et devenu l'esclave de son ver solitaire 7 Moi je trouve cela vertigineux. Quelle drôle de chose que les cervelles humaines !
J'en reviens à la Revue. Si j'avais beaucoup de temps et d'argent à perdre, je ne demanderais pas mieux que de me mêler dune revue pendant quelque
i96 CORRESPONDANCE DE G. FLAUBERT.
temps, mais voici comme je comprendrais la chose : ce serait d'Étro surtout hardi et d'une indépendance outrée; je voudrais n'avoir pas un ami ni un service à rendre. Je répondrais par l'épée à toutes les attaques de ma plume, mon journal serait une guillotine. Je voudrais épouvanter tous les gens de lettres par la vérité môme. Mais à quoi bon? il vaut mieux reporter tout cela dans une oeuvre longue, et puis s'établir arbitre du beau et du laid me semble un rôle odieux. A quoi ça mène-t-il, si ce u'est à poser?
Je hs en ce moment pour ma Bovary un livre (qui a eu au commencement de ce siècle assez de réputation) par Salgues, ancien rédacteur du Mercure. Ce Salgues avait été à Sens le proviseur du collège de mon père; celui-ci l'aimait beaucoup et fréquentait à Paris son salon où ou recevait les grands hommes et les grandes garces d'alors. Je lui avais toujours entendu vanter ce bouquin ; ayant besoin de quelques préjugés pour le quart d'heure, je me suis mis à le feuilleter. Mon Dieu, que c'est faible et léger 1 léger sui^ tout! Nous sommes devenus très graves nous autres, et comme ça nous semble bête, l'esprit de ce livre, qui en est plein (d'esprit)! mais en des sujets semblables nous avons maintenant des instincts historiques qui ne s'accommodent pas des plaisanteries, et un fait curieux nous intéresse plus qu'un raisonnement ou une jovialité. Gela nous semble fort enfantin que de déclamer contre les sorcières ou la baguette divinatoire. L'absurde ne nous choque pas du tout, nous voulons seulement qu'on (expose, et quant à le combattre, pourquoi ne pas combattre son contraire, qui est aussi héte que lui ou tout autant ? Il y a ainsi une foule de sujets qui m'embêtent également par n'importe quel bout on les prend. Ainsi Voltaire, le ma-
gnétisme, Napoléon, la révolution, le catholicisme, etc., qu'on en dise du bien ou du mal, j'en suismëmement irrité. La conclusion la plupart du temps mesemble acte de bêtise. C'est là ce qu'ont de beau les^ sciences naturelles : elles ne veulent rien prouver. Aussi quelle largeur de faits et quelle immensité pour la pensée ! 11 faut traiter les hommes comme des mas- \ todontes et des crocodiles ; est-ce qu'on s'emporte à propos de la corne des uns et de la mâchoire des autres ?" Montrez-les, empaillez-les, bocalisez-les, voilà tout^ mais les apprécier, non ; et qui étes-vous donc vouamêmes, petits crapauds?
II me semble que je t'ai donné mes notes d'Italie. Jene tenais pas de journal, j'ai seulement pris des notes sur les musées et quelques monuments ; tu dois avoir tout. Tu dis que Du Camp me croyait mort; d'autres l'auraient pu croire ; j'ai des recoquillements si profonds que j'y disparais ; et tout ce qui essaie de m'en faire sortir me fait souffrir; cela me prend surtout devant la nature, et alors je ne pense à rien. En allant à la Roche-Guyon j'étais ainsi, et ta voix qui m'interpellait à chaque minute et surtout tes attouchements sur l'épaule pour solliciter mon attention me causaient une douleur réelle. Comme je me suis retenu pour ne pas t'envoyer promener de la façon la plus brutale ! J'ai souvent été dans cet état en voyage.
Adieu, bonne et chère amie ; je ne voulais t'écrire qu'un mot et je me suis laissé aller à une longue lettre. Dans la prochaine je te parlerai du logement, etc- Encore adieu; mille baisers et tendresses.
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COnRESPOMDANCE DE G. FLAUBERT.
Croiaset, mercredi eoir, minuit
Voilà trois jours que je suis h, me vautrer sur tous mes meubles et dans toutes les positions possibles pour trouver quoi dire/ il y a de cruels moments où le fil casse, où la bobine semble dévidée. Ce soir pourtant, je commence à y voir clair, mais que de temps perdu! comme je vais lentement! et qui est-ce qui s'apercevra jamais des profondes combinaisons que m'aura demandées un livre si simple ? Quelle mécaniq ne que le naturel, et comme il faut de ruses pour être vrm! sais-tu, chère Muse, depuis le jour de l'an combien j"ai fait de pages? trente-neuf; et depuis que je t'ai quittée?vingt-deux. Je voudrais bienavoirenfln terminé ce satané mouvement auquel je suisdepuis le mois de septembre avant de me déranger (ce sera la iîn de la première partie de ma seconde); il me reste pour cela une quinzaine de pages environ, U me tarde d'être à la conclusion de ce livre qui pourrait bien à la longue amener la mienne. J'ai envie de te voir souvent, d'être avec toi; je perds souvent du temps à rêver mon logement de Paris, et la lecture que j'y ferai de la Bovary, et les soirées que nous passerons; mais c'est une raison pour continuer comme je fais à ne perdre pas une minute et à me hâter avec une ardeur patiente. Ce qui fait que je vais si lentement, c'est que rien dans ce livre n'est tiré de moi, jamais ma personnalité ne m'aura été plus inutile. Je pourrai peut-être par la suite faire des choses plus fortes (et je l'espère bien),' mais il me paraît difficile que j'en compose de plus habiles : tout est de lête; si c'est raté, ça m'aura toujours été un bon exercice ; ce qui m'est naturel à moi,
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correspondance: de g. flaubert. 199
c'est le non naturel pour les autres, l'extraordinaire, le fantastique, la hurlade métaphysique, mythologique. Saint Antoine ne m'a pas demandé le quart de la tension d'esprit que la Bovary me cause; c'était un déversoir, je n'ai en que plaisir à écrire et les dixhuit Dloîs que j'ai passés à en écrire les 500 pages ont été les plus profondément voluptueux de ma vie. Juge donc, il faut que j'entre à toute minute dans des peaux qui me sont antipathiques, voilà six mois que je fais de l'amour platonique et en ce moment je m'exalte calholiquement, au son des cloches et j'ai envie d'aller à confesse 1
Tu me demandes où je logerai; je n'en sais rien, je suis là-dessus fort difficile, cela dépendra tout à fait de l'occasion, de l'appartement, mais je ne logerai pas plus bas que la rue de Rivoli, ni plus haut que le houlevard, je tiens à du soleil, à une belle vue et à un escalier large ; je tâcherai de n'être pas loin de toi ni de Bouilhet, qui part définitivement au mois de septembre. 11 fera son drame à Paris, je ne peux donc à ce sujet te donner aucune réponse nette. Je sais très bien les rues et quartiers dont je ne veux pas, voilà tout.
J'ai lu Leconte; eh bien. J'aime beaucoup ce gars-là, il a un grand souffle, c'est un pur. Sa préface aurait demandé cent pages de développement, et je la crois fausse d'intention; il ne faut pas revenir à l'antiquité, mais prendre ses procédés. Que nous soyons tous des sauvages tatoués depuis Sophocle, cela se peut; mais il y a autre chose dans l'art que la rectitude des lignes et le poli des surfaces. La plastique du style n'est pas ai large que l'idée entière, je le sais bien; mais à qui la faute? à la langue ; nous avons trop de choses et pas assez de formes. De là vient la torture des coqs-