‹ Correspondance inédite, 1819-1868; avec une notice biographique par Daniel BernardChapitre 88 sur 91 · A I' I' E MU C E · texte numérisé non relu

A I' I' E MU C E

le septième jour et vous aur'wrz diablement mieux fait de travailler oncore, car il restait beaucoup à l'aire.

Mon cher Krnst, je voudrais vous écrire une hitlre bien.... (l)icn quoi? voyons!) bien... (animal, on n'annonce pas une épithète quand on n'est pas capable de la trouver !) cnlin une lettre qui vous ftt plaisir, et je vois qu'il faut renoncer à la moindre chance d'y parvenir. (Quelle phrase!) Je ne trouve rien..., mais rien, rien de rien. C'est comme pour mon feuilleton. Ce feuilleton me fera tourner en Cabet! c\'st sûr.

Je sors, je vais m'ennuyer dehors, je m'ennuie trop chez moi.

Venez donc un peu à Paris.

Adieu.

P.-S. — J'ai mal à l'estomac: antre cho.so que j'ai oublié de vous dire. Ah! mon pauvre Ernst, plaignez-moi; les î'o.uilletons me feront mourir.

A M. El! A Kl) 1.

01(1 Cavendish street, Cavendish .sfjuare, London, 20 avril 1852.

Mon cher Érard,

Je sors de la première répétition du fragment de la Vèstale que nous exécutons à notre troisième concert d'Eieter Hall, mercredi prochain 28, à 8 heures.

i. Comoiuiiiquée par madame Ërard.

?,"-% API'ENDIOB.

Les musiciens Pont dans un étonnement et une admiration qui no psuv(>nt se décrire. Kt ils étaient venus avec les piéjiigôs hostiles qu'une espèce de faction anti-spontinienne se plaisait à répandre à Londres depuis vins^t-cinq ans. Je crois que je vais leur donner à tous une rude leçon. L'effet sera immense; nous avons cent vingt choristes, un orchestre colossal. Staudigl chante le Grand Prêtre, madame Novello, Julia; pour Licinius, j'ai un jeune ténor allemand, Reichart, à qui j'apprends le rôle et qui ira.

Tachez donc de venir avec madame Sponlïni assister h ce triomphe vingt fois plus important que ceux obtenus sur le continent. Voir écraser une cabale qui dure depuis un quart de siècle! C'est une joie qui ne se trouve pas souvent.

Venez! venez!

A M. ZACHARIE ASTRDC.

23 mai 1R58 (T)

Monsieur,

Permettez-moi de vous remercier pour le bel article que vous venez d'écrire sur mou concert. Je n'ai jamais lu sur mes tentatives musicales rien qui m'ait aussi vivement touché. — Le spectre grimaçant de l'ironie est bien là, comme toujours, pour me siffler à roreiris: « Ce n'est pas vi;ii; M. Astruc se trompe et te trompe. Vous êtes des niais tous les deux. » Mais il y a aussi un autre juge qu'il est permis de consulter et qui siège à côté du sens intime. Et quand je demande à celui-là: « Mon critique

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ost-il un niais, suis-je un niais, nous trompons-nous à co point? L'amour du vrai et du beau est-il une chimère, la passion un leurre, l'enthousiasme une hallucination '.'... » Lejug{> me répond: « Non, non, non, non.... et non. »

Vous aimez ce que j'aime, vous honoi'f^z et adorez tous me.s dieux ; voilà pourquoi à la joie d'être loué par vous, se joint un sentimi^ni plus vif, plus profond, plus intense, le fanatisme clairvoyant d'un coreligionnaire.

Voilà pourquoi j'emprunte quelques mots à Shakespeare pour vous dire:

Mosl noble brother, give me your hand...

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